L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima, les conséquences radiologiques au Japon, le contrôle des produits en provenance du Japon

Publié le 20/04/2011 à 18:46

Communiqué de presse

 I. Situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

L’injection d’eau douce dans les réacteurs 1 à 3 et les piscines 1 à 4 se poursuit en circuit ouvert. La situation est stable mais une augmentation de pression est toutefois observée dans la cuve du réacteur 1.

L’exploitant Tepco se concentre toujours sur trois priorités :

  • La prévention du risque d’explosion résultant de l’accumulation d’hydrogène dans les enceintes des réacteurs. L’exploitant continue à injecter de l’azote gazeux dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 afin de réduire les risques d’explosion d’hydrogène. L’injection d’azote devrait débuter dans les prochains jours dans les réacteurs 2 et 3.
  • La gestion de l’eau contaminée. Cette eau a servi au refroidissement en circuit ouvert du combustible nucléaire. Une fissure provoquant des écoulements vers la mer a été colmatée le 5 avril grâce à l’injection de silicate de sodium dans les fondations.
    L’exploitant cherche à assurer le pompage de l’eau contaminée ; cette eau empêche le démarrage des systèmes de refroidissement. L’eau présente dans les bâtiments turbines et dans les galeries va être transférée vers le bâtiment de traitement des effluents et vers des entreposages mobiles (barge, bateau, citerne). Tepco a évalué la quantité d’eau fortement radioactive à pomper dans les diverses installations du site à 67 000 tonnes. Le transfert de l’eau du réacteur n°2 vers le bâtiment de traitement des effluents a commencé le 19 avril.
  • La mise en place, à terme, d’un refroidissement en circuit fermé (lui-même refroidi par un deuxième circuit utilisant une source froide) de façon que l’eau contaminée ne s’échappe plus.

Tepco a rendu public, le 17 avril, un plan d’actions visant à maîtriser les rejets et à abaisser significativement la radioactivité. Ce plan, qui devrait durer plusieurs mois, vise à traiter 5 problématiques : le refroidissement des cœurs ; le refroidissement des piscines ; le devenir de l’eau fortement contaminée ; la maîtrise du confinement des réacteurs ; la gestion des populations évacuées.

II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

L’exploitant va mettre en œuvre un programme de surveillance de l’environnement et de réduction de la contamination pour permettre le retour des résidents évacués.

Des mesures de la radioactivité sont maintenant effectuées dans 54 villes de 40 préfectures. A l’extérieur du site accidenté, la décroissance des débits de dose mesurés dans l’environnement continue globalement, avec cependant une légère remontée amorcée le 11 avril.

Certains produits dépassant les niveaux maximaux admissibles de radioactivité sont interdits de commercialisation. Il s’agit de légumes frais, de lait et de produits de la pêche. Le gouvernement a interdit la commercialisation de champignons produits hors serre dans la préfecture de Fukushima.

Depuis le 7 avril, il subsiste une seule restriction d’utilisation de l’eau de distribution publique : elle s’applique aux enfants du village de Itate.

Dans l’environnement marin, le dispositif de surveillance mis en place montre que les niveaux de radioactivité dans l'eau de mer restent élevés à proximité du rivage (points de mesure à 30 m, 300 m et 10 km) mais qu'ils diminuent de façon importante à 30 km. En l’absence de nouveaux rejets, les niveaux de radioactivité au-delà de 30 km devraient continuer à diminuer rapidement du fait de la dilution dans l'eau et la dispersion par les courants marins.

III. Contrôle des denrées alimentaires en provenance du Japon

 

Le règlement européen UE 297/2011 du 26 mars 2011 impose des conditions particulières à l’importation de produits alimentaires et de produits d’origine animale en provenance du Japon. Ces nouvelles dispositions communautaires prévoient la réalisation de premiers contrôles avant export sous la responsabilité des autorités japonaises, puis la réalisation de contrôles à l’arrivée sur le territoire européen dans l’ensemble des Etats-membres de l’Union Européenne.

Différents niveaux de contrôle ont été définis, selon la proximité géographique de la zone d’origine des marchandises avec la centrale de Fukushima :

  •  contrôles systématiques des autorités japonaises avant l’exportation et contrôles d’au moins 10 % des denrées par les Etats membres à l’importation pour les produits originaires des 12 préfectures japonaises entourant la centrale de Fukushima (Fukushima, Gunma, Ibaraki, Togichi, Miyagi, Yamagata, Niigata, Nagano, Yamanashi, Saitama, Tokyo et Chiba) ;
  • attestation d'origine des autorités japonaises à l’exportation et contrôle d’au moins 20 % des denrées par les Etats membres à l’importation pour les produits originaires des autres préfectures japonaises.

Cette disposition permet à chaque Etat membre d'adapter le taux de contrôle au niveau souhaité. En vue d’assurer un niveau de sécurité maximal des consommateurs, les autorités françaises ont décidé de porter le taux de contrôle à 100 % sur toutes les denrées alimentaires d’origine animale produites après le 11 mars et sur les produits frais (salades, légumes, fruits, etc.) en provenance du Japon.

En France, les contrôles effectués depuis le 18 mars n’ont pas révélé de trace de radioactivité.
Les mesures des denrées en iode 131 et césiums sont réalisées par les laboratoires du réseau du ministère chargé de l’agriculture et par les laboratoires dépendant des services des douanes et de la consommation.

IV. Contrôle des produits manufacturés en provenance du Japon 

  •  A l’arrivée du fret aérienDans l’attente de mesures harmonisées à l’échelle internationale, un contrôle systématique de premier niveau a été mis en place sur le fret aérien français en provenance du Japon, sous la responsabilité de la compagnie aérienne en charge de ce fret (au départ du Japon ou en France). Depuis la mise en place du contrôle à la fin du mois de mars, aucune détection positive n’a été rapportée. A compter du 11 avril 2011, un contrôle par sondage est réalisé à raison d’un avion par jour.
  •  A réception des conteneurs maritimesUn contrôle par échantillonnage des conteneurs maritimes est également en place depuis le 20 avril par les agents des douanes sur les ports du Havre et de Marseille.

Contact presse ASN : tél. 01 40 19 86 61

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017