L’ASN fait le point sur la situation dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et ses conséquences au Japon et sur les conséquences du séisme du 7 avril 2011

Publié le 08/04/2011 à 19:56

Communiqué de presse

I. Situation dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

L’alimentation électrique externe des pompes de refroidissement des réacteurs 1, 2 et 3 a été rétablie depuis le 5 avril.

Les injections d’eau douce dans les réacteurs 1 à 3 et les piscines 1 à 4 se poursuivent en circuit ouvert. Cela signifie qu’une partie de l’eau apportée se répand dans l’enceinte de confinement ou dans d’autres bâtiments, essentiellement les salles des turbines. Des infiltrations en sous-sol et des ruissellements sont donc possibles.

L’exploitant japonais Tepco travaille actuellement sur trois priorités :

  • La prévention du risque d’explosion en raison de l’accumulation d’hydrogène dans les enceintes des réacteurs. L’exploitant japonais injecte de l’azote gazeux dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 depuis le 6 avril afin de réduire les risques d’explosion d’hydrogène. La fin de l’injection est prévue cette fin de semaine. La même opération est envisagée dans les enceintes des réacteurs 2 et 3.
  • La gestion de l’eau contaminée. Cette eau a servi au refroidissement en circuit ouvert du combustible nucléaire. Une fissure provoquant des écoulements vers la mer a été colmatée le 5 avril grâce à l’injection de silicate de sodium dans les fondations.Tepco a évalué la quantité d’eau fortement radioactive à pomper dans les diverses installations du site à 60 000 tonnes. La moitié pourrait être stockée sur des installations extérieures (barge, plateforme flottante) et l’autre moitié sur site.Plusieurs jours seront nécessaires pour vider les différents réservoirs sur site et pour vérifier leur étanchéité. A cette fin, un rejet volontaire en mer de 11 500 tonnes d’eau faiblement contaminée est en cours. La fin de l’opération est prévue cette fin de semaine.
  • L’objectif de l’exploitant japonais à terme est de mettre en place un refroidissement en circuit fermé - lui-même refroidi par un autre circuit - c’est-à-dire une circulation de l’eau en boucle dans la centrale, de façon à ce que l’eau contaminée ne s’échappe plus.

II. Conséquences radiologiques de l’accident au Japon

Protection des personnes en zone contaminée

Le gouvernement japonais prépare des normes de radioprotection pour encadrer les retours momentanés dans les zones évacuées des personnes voulant récupérer leurs effets personnels.

Conséquences environnementales

Les mesures de la radioactivité dans la région de Tokyo réalisées par les autorités japonaises et par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) demeurent faibles. La tendance est à une décroissance lente, confirmant l’absence de nouveaux rejets atmosphériques importants.

III. Conséquences du séisme du 7 avril 2011

Une réplique du séisme du 11 mars, de magnitude 7,1 sur l’échelle de Richter, est intervenue le 7 avril à 14h32 (heure GMT) à 20 km de la centrale d’Onagawa soit à 120 km de celle de Fukushima. Cet événement a entrainé des pertes momentanées d’alimentation électrique externe dans les installations nucléaires d’Oganawa, d’Higashidori et Rokashomura. Des groupes électrogènes de secours ont pris le relais avant le rétablissement du courant. La piscine de la centrale d’Onagawa a également subi un débordement d’eau.

Selon les autorités japonaises, ce séisme n’a pas généré de nouveaux dommages sur la centrale de Fukushima et la situation est sous contrôle dans les autres installations nucléaires japonaises.


Contact service presse ASN : Tél. : 01 40 19 86 61

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017