Accident à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : l’ASN fait le point sur la situation au Japon et les conséquences en France

Publié le 01/04/2011 à 19:44

Communiqué de presse

I. Situation de la centrale de Fukushima

L’injection en eau douce se poursuit dans les cuves des réacteurs n°1 à 3 et les piscines des réacteurs 1, 2, 3 et 4 à un niveau qui est a priori suffisant. C’est un refroidissement en circuit ouvert, c’est-à-dire que l’eau apportée s’évapore ou se répand dans l’enceinte de confinement ou dans d’autres bâtiments, essentiellement les salles des turbines.

L’exploitant Tepco réalise des opérations en vue de collecter cette eau et de l’isoler.

L’objectif à terme est de passer à un refroidissement en circuit fermé : eau circulant en boucle dans un circuit de la centrale de façon à ce que l’eau contaminée ne s’échappe pas. La remise en fonction des matériels nécessaires à cette fin s’avère difficile car ils ont pu être détériorés. En outre, la présence d’eau contaminée dans certains bâtiments complique les interventions humaines.

Il est probable que ces difficultés substituent et que la situation évolue peu dans les prochains jours.

II. Conséquences radiologiques de l’accident

a. Conditions de travail sur le site et dans ses alentours

 Les rejets de radioactivité dans l’atmosphère sont inférieurs à ceux observés les premiers jours de l’accident. Les débits de doses relevés sur le site de la centrale restent élevés mais sont à la baisse.

 Les conditions de travail des intervenants sur le site restent très difficiles. Depuis le 12 mars 2011, une vingtaine travailleurs auraient été exposés à des doses supérieures à 100 millisievert (mSv).

 Par ailleurs, les prélèvements d’eau de mer montrent des concentrations de radioactivité toujours en augmentation.

b. Situation dans la région de Tokyo

 Les mesures disponibles dans la région de Tokyo réalisées par les autorités japonaises et par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne montrent pas d’évolution significative et demeurent faibles. La tendance est à une décroissance lente, confirmant l’absence de nouveaux rejets atmosphériques importants.

III. Les conséquences en France

a. Les masses d’air en France

Les concentrations en radionucléides artificiels (iode 131, césium 134 et 137) mesurées dans les différents milieux surveillés sont très faibles et ne présentent aucun danger sanitaire et environnemental.

Les réponses aux principales questions du public sur les enjeux sanitaires et la circulation des masses d’air sont en ligne sur le site Internet www.asn.fr, rubrique « Questions fréquentes ».

b. Qualité radiologique des denrées en provenance du Japon

Un règlement européen1 a été publié au Journal officiel des communautés européennes le 26 mars 2011 pour imposer des conditions particulières pour l’importation de produits alimentaires et pour l’alimentation animale en provenance du Japon. Il prévoit, d’une part, des contrôles systématiques au départ pour vérifier le respect des normes admissibles en césium 134 et 137 et en iode 131 et, d’autre part, un contrôle par échantillonnage à l’arrivée.

c. Retour d’expérience

L’ASN considère qu’il est fondamental de tirer les leçons de l’accident survenu au Japon, comme cela a été le cas après d’autres grands accidents nucléaires, notamment ceux de Three Mile Island et Tchernobyl. Le retour d’expérience approfondi sera un processus long s’étalant sur plusieurs années. Il s’agira notamment de vérifier si des améliorations sont nécessaires dans la prise en compte des risques liés à la perte des alimentations électriques ou de la source froide ainsi qu’au séisme. Les cumuls de tels risques devront également être réévalués. En outre, des leçons devront être tirées dans le domaine de la gestion des situations d’urgence.

Sans attendre, l’ASN va engager des actions en toute transparence. Elle mettra en œuvre la mission d’audit des installations nucléaires françaises demandée par le Premier ministre.

Par ailleurs, le Commissaire européen chargé de l’énergie a annoncé le principe de tests de résistance à réaliser dans toutes les centrales nucléaires européennes.

L’ASN insiste sur la nécessité d’assurer une cohérence entre l’audit français et la démarche européenne. Ce travail va mobiliser d’importantes ressources à l’ASN. Les premières échéances interviendront cette année.

Les centrales nucléaires françaises sont conçues pour résister à des contraintes sévères (inondation, séisme, perte d’alimentation électrique…). Il s’agit dès lors d’étudier comment elles se comporteraient dans des situations encore plus dégradées, de faire une analyse des marges et d’en déduire le cas échéant des modifications. Cette analyse portera sur les centrales en exploitation, en construction et en projet.

1 Le règlement est disponible à l’adresse : http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:080:0005:0008:FR:PDF


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Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017