Réacteur 2 Non-respect d'une prescription permanente des Règles Générales d'Exploitation, concernant l'appoint en réfrigérant primaire

Publié le 09/07/2004

Centrale nucléaire de Gravelines Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 28 juin 2004, alors que le réacteur était en arrêt pour rechargement en combustible, l'exploitant du CNPE de Gravelines a changé le domaine d'exploitation du réacteur sans identifier que les conditions requises pour effectuer ce changement n'étaient pas satisfaites.

Cette erreur a conduit au non-respect d'une prescription permanente des Règles Générales d'Exploitation, concernant l'appoint en réfrigérant primaire.

Le circuit d'appoint en réfrigérant primaire du réacteur est placé en dérivation du circuit d'eau primaire. Il sert à effectuer des ajouts et des retraits d'eau dans ce dernier. Il joue un rôle important dans la conduite du réacteur, d'une part pour compenser les dilatations et contractions thermiques de l'eau du circuit primaire, d'autre part pour ajuster sa teneur en bore, afin de contrôler l'évolution de la réactivité du coeur au cours du cycle. Ce circuit d'appoint en réfrigérant primaire est essentiellement constitué du système RCV (Contrôle volumétrique et chimique du circuit primaire principal). Celui-ci comporte une "liaison RCV inter-tranche", qui permet d'effectuer des appoints en réfrigérant primaire sur un réacteur à partir du réacteur voisin. Dans certains domaines d'exploitation, la "liaison RCV inter-tranche" doit obligatoirement être disponible, afin notamment de pouvoir être utilisée en cas de perte des sources électriques.

Au moment d'un changement de domaine d'exploitation du réacteur 2 (passage du domaine "Arrêt pour Rechargement" au domaine "Arrêt pour Intervention"), l'exploitant n'a pas identifié que la liaison RCV inter-tranche était indisponible sur ce réacteur ; la consignation de certaines vannes, pour réparation d'une pompe défaillante, rendait en effet indisponibles les tuyauteries concernées. Cette erreur a été aggravée par le fait que l'exploitant, dès la détection de cette anomalie, n'a pas engagé suffisamment rapidement les mesures correctives qui s'imposaient pour revenir à la situation normale.

Cet incident n'a pas eu de conséquence sur l'environnement et sur la sécurité du personnel.

Cet incident a été classé, le 29 juin 2004 par EDF, au niveau 0 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES).

Compte tenu du non-respect d'une prescription permanente des Règles Générales d'Exploitation mis en évidence, l'Autorité de sûreté nucléaire a décidé son reclassement au niveau 1 de cette même échelle.

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie