Rupture du doigt obturateur sur un gammagraphe lors de tirs radiographiques sur un chantier

Publié le 20/05/2021

Société Naphtachimie 13117 Lavéra

Le 7 février 2020, la société Institut de soudure industrie a déclaré à l’ASN un incident survenu sur un gammagraphe utilisé en conditions de chantier sur le site de la société Naphtachimie à Lavéra (13).

Gammagraphe avec sa télécommande et sa gaine d’éjection
Gammagraphe avec sa télécommande et sa gaine d’éjection

Lors d’un contrôle radiographique, une zone de sécurité est mise en place autour de l’appareil pour limiter les risques d’exposition des opérateurs. La source radioactive contenue dans son enveloppe protectrice (appelée « projecteur de source ») est alors transférée vers l’extrémité de la gaine d’éjection en actionnant, à distance, la télécommande manuelle. Une fois la radiographie effectuée, la source est réintégrée dans son enveloppe protectrice à l’aide de la télécommande. Après avoir vérifié que la source est bien en sécurité dans son enveloppe protectrice, l’opérateur peut déconnecter la gaine d’éjection et la télécommande puis verrouiller le projecteur pour le déplacer.

Dans la nuit du 5 au 6 février 2020, au cours d’une série de tirs de radiographie réalisés par l’Institut de soudure Industrie sur le site de la société Naphtachimie à Lavéra (13), l’équipe de radiologues a identifié un dysfonctionnement du gammagraphe utilisé, contenant une source d’iridium. En effet, une fois la source réintégrée dans son enceinte protectrice, les vérifications menées sur l’appareil et les mesures réalisées autour de celui-ci ont permis d’identifier la rupture du doigt obturateur du gammagraphe). Cette pièce permet notamment d’obstruer le nez du projecteur de source lorsque la source est rentrée à l’intérieur de l’appareil et d’assurer ainsi une mise en sécurité complète de la source et une protection biologique continue autour de l’appareil.

Vue en coupe d'un gammagraphe de type GAM 80/120 montrant le doigt obturateur
Vue en coupe d'un gammagraphe de type GAM 80/120 montrant le doigt obturateur

L’ASN a réalisé, le 13 février 2020, une inspection réactive sur le site de l’événement. Elle a constaté qu’une manipulation non autorisée avait été effectuée sur le gammagraphe défaillant, et a formulé plusieurs demandes auprès de l’Institut de soudure industrie, concernant les décisions prises lors de l’incident, les mesures de prévention et la formation des radiologues.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, en raison de la manipulation non autorisée de l’appareil défaillant, qui témoigne d’un défaut de culture de sûreté, l’ASN classe, après analyse complémentaire, cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Date de la dernière mise à jour : 03/09/2021

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie