Déchets radioactifs et démantèlement

Panorama international

L’approche d’un stockage en couche géologique profonde, considérée par l’ASN dans son avis du 1er février 2006 comme une solution de gestion paraissant incontournable, a été confortée par la directive européenne 2011/70/Euratom du 19 juillet 2011 relative à la gestion sûre et responsable des déchets radioactifs et du combustible usé. La directive rappelle que « l’entreposage de déchets radioactifs, y compris à long terme, n’est qu’une solution provisoire qui ne saurait constituer une alternative au stockage » et que « il est communément admis que sur le plan technique, le stockage en couche géologique profonde constitue, actuellement, la solution la plus sûre et la plus durable en tant qu’étape finale de la gestion des déchets de haute activité et du combustible usé considéré comme déchet».

L’ASN participe activement aux études et échanges internationaux dans le domaine des déchets radioactifs et soutient l’harmonisation internationale des règles de sûreté applicables au stockage en couche géologique profonde.

En Europe, les principales recherches concernant le stockage géologique sont effectuées en Belgique (Mol, dans l'argile), Finlande (Olkiluoto, dans le granite), France (site de Meuse/Haute-Marne, dans l'argile), Suède (Äspö, dans le granite) et Suisse (sites du Mont-Terri et Grimsel, argile et granite).

En Belgique, la solution de référence proposée par l’organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF) est la mise en dépôt géologique dans l’argile tandis qu’aux Pays-Bas l’argile et le sel sont à l’étude.

© Posiva Oy (Finlande)

En Finlande, Posiva Oy conçoit depuis 2004 un laboratoire de recherche dans un sol granitique à proximité du site d’Olkiluoto, où un réacteur EPR est en construction. La législation prévoit trois étapes pour le projet de stockage en couche géologique profond en cours de développement : une décision de principe (prise en 2000/2001), une autorisation de construction (délivrée par le gouvernement finlandais le 12 novembre 2015 au terme de 3 ans d’instruction) puis une autorisation de mise en service (prévue entre 2020 et 2022).

En Suède, une demande d’autorisation pour la construction de l’installation de stockage profond dans un sol granitique à Forsmark a été déposée auprès de l’agence de sûreté nucléaire en 2011 et est en cours d'instruction. L’installation pourrait être opérationnelle en 2025.

Le massif granitique de Nizhnekansky (Russie) pourrait accueillir un laboratoire souterrain et la construction d’un site de stockage pourrait être décidée vers 2025. Trois sites de stockage potentiels dans une roche granitique ont été retenus à ce jour en Chine, dont l’un est situé dans le désert de Gobi (Beishan, où un laboratoire pourrait voir le jour en 2020).

Aux Etats-Unis, le stockage géologique profond est affirmé comme une composante essentielle du système de gestion des déchets HAVL : actuellement, le Waste Isolation Pilot Plant (WIPP), dans le désert de Chihuahua au Nouveau-Mexique, est le seul stockage géologique profond en activité ; il concerne des déchets radioactifs de « moyenne activité à vie longue » (MAVL) d’origine militaire, stockés à une profondeur de 650 m, dans une couche de sel d’une épaisseur moyenne de 1000 m. Il a connu, en 2014, deux évènements (un incendie et une réaction chimique ayant conduit à un relâchement de radionucléides), qui ont conduit à une fermeture temporaire du site qui devrait reprendre ses activités fin 2016. L’analyse du retour d’expérience de ces évènements est toujours en cours et fait l’objet de travaux partagés au niveau international.

Date de la dernière mise à jour : 13/05/2016