Déchets radioactifs et démantèlement

Les centres de stockage

Les déchets produits par les centrales nucléaires d’EDF sont de différents types : les déchets activés dans les cœurs des réacteurs et les déchets résultant de l’exploitation et de l’entretien des centrales nucléaires. À cela s’ajoutent les déchets anciens et les déchets issus de la déconstruction des centrales nucléaires en cours de démantèlement.

A l’instar de nombreux pays, la France a fait le choix du stockage comme solution de gestion à long terme des déchets radioactifs. Les centres de stockage conçus par l’ANDRA sont adaptés à chaque catégorie de déchets en fonction de leur nature. Ils permettent de confiner durablement les substances contenues dans les déchets le temps nécessaire à leur décroissance radioactive.

Il existe aujourd’hui deux centres de stockage de surface pour les déchets TFA et FMA-VC, qui représentent près de 90 % du volume total des déchets radioactifs français produits. Pour les autres types de déchets (FA-VL, MA-VL et HA), les centres de stockage adaptés sont actuellement à l’étude.

Le centre de stockage de la Manche

Centre de stockage de la Manche

Le centre de stockage de déchets radioactifs de la Manche (CSM) occupe actuellement une superficie d’environ 15 ha à l’extrémité de la péninsule de La Hague. Mis en service en 1969, il est le premier centre de stockage de déchets radioactifs exploité en France. La gestion du CSM d’abord sous la responsabilité du CEA a été confiée à l’ANDRA le 24 mars 1995. L’exploitation du CSM a cessé en juillet 1994. Il est entré en phase de surveillance en janvier 2003 (décret n° 2003-30 du 10 janvier 2003).

 

 

Le centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité à vie courte

Centre de stockage de l'Aube

En 1992, le centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité (CSA) a pris le relais du centre de stockage de la Manche, en bénéficiant de son retour d’expérience. Cette installation, implantée à Soulaines-Dhuys (Aube), offre une capacité de stockage de 1 000 000 m3 de déchets répartis sur 400 ouvrages (cases de béton). À ce stade de l’exploitation, 111 ouvrages ont été construits. La prestation inclut le conditionnement des déchets envoyés par les producteurs, soit par injection de mortier dans les caissons métalliques de 5 ou 10 m3 soit par compactage des fûts de 200 litres. Le confinement des déchets repose sur un système de trois barrières successives : le colis, l’ouvrage et la formation géologique.

 

Le centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (CIRES)

Centre de stockage de Morvilliers

Les déchets radioactifs de très faible activité, qui constitueront une part de plus en plus importante de déchets en volume à mesure de l’évolution des projets de démantèlement des installations nucléaires, sont accueillis dans un centre de stockage (à Morvilliers) spécifique qui a été mis en exploitation au cours de l’été 2003. Les autres catégories de déchets radioactifs sont entreposées dans des INB en attente d’un exutoire final. Or certains entreposages construits il y a plusieurs dizaines d’années commencent à vieillir et sont susceptibles de présenter des problèmes de sûreté. Il s’agit notamment de déchets entreposés par Orano à La Hague, sur certains sites du CEA et des déchets de graphite entreposés par EDF.

En octobre 2012, le centre de stockage des déchets de très faible activité (CSTFA) exploité par l'Andra sur le site de Morvilliers a étendu ses activités : des bâtiments dédiés au regroupement et à l’entreposage de déchets issus des petits producteurs hors électronucléaire et de l’assainissement de sites pollués ont ainsi été mis en service.

Le bâtiment de regroupement, d’une surface de 550 m2, permet de regrouper des colis de déchets du nucléaire diffus (jusqu’à 5 000 colis par an) provenant de différents sites, avant de les orienter vers d'autres installations, pour traitement, conditionnement, entreposage ou stockage.

Ce bâtiment va se substituer au centre de regroupement nord (CRN) exploité dans le bâtiment 204 du CEA Saclay. L’Andra exploitera les deux centres en parallèle jusqu'à l’été 2013. Quant au bâtiment d’entreposage, d’environ de 2000 m2, il accueille des déchets, notamment de type FAVL, en attente d’une filière de stockage : terres polluées issues de l’assainissement de sites et sols pollués, paratonnerres radioactifs, objets au radium à usage médical, sources scellées usagées,…

Ces déchets étaient jusqu’à présent entreposés sur des sites du CEA et à SOCATRI. Pour tenir compte de ces nouvelles activités, le CSTFA a été renommé CIRES, centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage. Son statut administratif reste inchangé, le CIRES relevant toujours de la réglementation des ICPE.

Projet de centre de stockage géologique profond pour les déchets de haute activité et moyenne à vie longue

Vue générale des installations de "Cigéo"Schéma de principe - © ANDRA

Le principe du stockage profond a été retenu par la loi du 28 juin 2006, après 15 ans de recherches encadrées par la loi du 30 décembre 1991, leur évaluation et un débat public, comme la solution de référence pour la gestion sûre à long terme de ce type de déchets sans en reporter la charge sur les générations futures. Si sa création est autorisée, ce centre sera implanté dans l'Est de la France, à la limite de la Meuse et la Haute-Marne..

Cette approche a par ailleurs été confortée par ladirective européenne Euratom du 19 juillet 2011 relative à la gestion sûre et responsable des déchets radioactifs et du combustible usé, qui rappelle que le stockage en couche géologique profonde constitue, actuellement, la solution la plus sûre et la plus durable. Cette piste est suivie par de nombreux autres pays en Europe et dans le monde, qui sont cependant à un stade d’avancement variable En Europe, la Suède et la Finlande disposent des projets les plus avancés.

Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) est le projet français de centre de stockage réversible de déchets radioactifs en couche géologique profonde, porté par l’Andra conformément à ses missions, définies dans l'article L.542-12 du Code de l'environnement. Il est conçu pour stocker les déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue produits par l'ensemble des installations nucléaires actuelles ou identifiées en projet. Y seront notamment stockés les déchets vitrifiés produits à La Hague.

Grands principes :
  •  Cigéo sera composé d'installations de surface et d’installations souterraines, situées à environ 500 mètres de profondeur, dans une couche de roche argileuse imperméable choisie pour ses propriétés de confinement sur de très longues échelles de temps.
  •  Cigéo est prévu pour être exploité pendant au moins 100 ans, il est conçu pour être flexible au cours du temps afin de laisser aux générations futures un maximum de possibilités pour permettre des adaptations.

Diverses instances de concertation sont en place : un CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi) a été institué de manière semblable aux CLI autour des installations nucléaires, il regroupe des élus, des représentants d’associations, des syndicats, des personnalités qualifiées, etc. Par ailleurs, la CNE (commission nationale d’évaluation) évalue annuellement les avancées sur ce projet, et l’ASN rend publiques toutes ses décisions à ce sujet.

Etapes importantes définies par la loi :
  • organisation d'un débat public, programmé en 2013 ;
  • dépôt de la demande d'autorisation de création par l'Andra en 2015 ;
  • au-delà de 2015 :
    • instruction de cette demande par les autorités compétentes (notamment l’Autorité de sûreté nucléaire) et avis des collectivités ;
    • loi sur les conditions de réversibilité du stockage ;
    • enquête publique ;
    • en fonction des résultats des étapes précédentes, autorisation de création de Cigéo.
  • 2025 : mise en service sous réserve de l’obtention des autorisations requises

Date de la dernière mise à jour : 07/02/2018