Rapport de l'ASN 2020

déversements accidentels est plutôt satisfaisante, excepté pour les usines de la conversion. L’ASN a également conduit en 2020 plusieurs inspections portant sur l’organisation de la plateforme Orano du Tricastin pour gérer ses modifications notables. L’ASN a relevé que cette organisation doit être mieux harmonisée sur le site, mais que l’instance de contrôle interne traite les dossiers de modifications avec plus d’efficacité. L’ASN veillera en 2021 à ce qu’Orano continue de déployer ses plans d’action pour améliorer le management de la sûreté afin d’harmoniser davantage les pratiques des INB de la plate‑ forme. Enfin l’ASN prévoit de s’investir en 2021, avec l’Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND), dans une nouvelle phase de déclassement d’une part significative de l’INBS. Usines Orano de chimie de l’uranium TU5 et W L’INB 155, dénommée TU5, peut mettre en œuvre jusqu’à 2000 tonnes d’uranium par an, ce qui permet de traiter la totalité du nitrate d’uranyle (UO2(NO3)2) issu de l’usine Orano de La Hague pour le convertir en U3O8 (composé solide stable permettant de garantir des conditions d’entreposage de l’ura‑ nium plus sûres que sous une forme liquide ou gazeuse). Une fois converti, l’uranium de retraitement est entreposé sur le site du Tricastin. L’usine W, située dans le périmètre de l’INB 155, permet quant à elle de traiter l’UF6 appauvri, issu de l’usine d’enrichissement Georges Besse II, pour le stabiliser en U3O8. L’ASN considère que les installations situées dans le périmètre de l’INB 155 sont exploitées avec un niveau de sûreté satisfai‑ sant. La nouvelle unité dénommée EM3 de l’usine W, mise en service mi-2018 et ayant nécessité des modif ications maté‑ rielles en 2019, fonctionne désormais de manière nominale. Pour l’usine TU5, l’ASN a maintenu le suivi de la mise enœuvre des engagements pris dans le cadre du réexamen périodique de l’installation. L’avancement de ces engagements, ainsi que l’organisation mise en place pour en assurer le suivi, sont satisfaisants. D’une manière générale, l’exploitant doit maintenir ses efforts visant à renforcer sa rigueur d’exploitation, notamment par la détection et la bonne gestion des écarts. Usines Orano de fluoration de l’uranium Conformément à la prescription de l’ASN, les installations de fluoration les plus anciennes ont définitivement été mises à l’arrêt en décembre 2017. Les installations arrêtées ont depuis été vidangées de la majorité de leurs substances dangereuses et sont en phase de préparation au démantèlement. Le démantèlement de l’INB 105 est désormais autorisé par le décret n° 2019‑1368 du 16 décembre 2019. Les principaux enjeux associés sont liés aux risques de dissémination de subs‑ tances radioactives, ainsi que d’exposition aux rayonnements ionisants et de criticité, en raison de substances uranifères résiduelles présentes dans certains équipements. L’ASN attend de l’exploitant qu’il se mobilise pour assurer, dans les délais pré‑ vus, le reconditionnement des colis contenant des substances radioactives et dangereuses entreposés sur les aires 61 et 79. L’ASN a également contrôlé la remise à niveau du cœur de procédé de l’usine Philippe Coste, dont les installations sont classées Seveso seuil haut et remplacent celles de l’INB 105 (ex‑Comurhex). Les principales unités de cette usine ont été mises en service en 2019 et ont mis en évidence des défauts de conception. La deuxième unité de production de fluor a fait l’objet d’essais en vue d’une mise en service pro‑ gressive jusque fin 2020. L’année 2020 a ainsi été marquée, pour l’usine Philippe Coste, par un «grand arrêt » au cours duquel, notamment, tous les cristallisoirs ont été remplacés à la suite de défauts de concep‑ tion ayant conduit à des conditions d’exploitation dégradées durant plusieurs mois, et à des mesures compensatoires. L’ASN relève que l’exploitant a bien mené l’analyse et la résolution de ces difficultés techniques. L’ASN a vérifié la bonne remise à niveau du cœur du procédé mais a toutefois relevé un manque d’encadrement et de surveillance du chantier de remplace‑ ment des cristallisoirs. La mise en service de l’unité 68 de trai‑ tement des effluents non uranifères de l’usine Philippe Coste est de nouveau reportée à 2021, du fait d’une conception ini‑ tiale inadaptée. Enf in, l’ASN relève que l’année 2020 a été marquée par une forte attente, en matière de production de l’usine Philippe Coste, dans un contexte où l’exploitant faisait face à des diffi‑ cultés, du fait des défauts de ses nouvelles installations, ainsi que de la vétusté de conception des installations anciennes encore exploitées. L’ASN a pu constater, lors de ses actions de contrôle, que ce contexte a conduit à une diminution de la maîtrise des risques dans la gestion de non‑conformités et des difficultés techniques. Ce contexte a également conduit à la déclaration de nombreux événements significatifs pour l’environnement. L’ASN sera vigilante en 2021, d’une part, aux conditions de mise en service de la nouvelle unité de production de fluor et de l’unité de traitement des effluents de l’usine Philippe Coste et, d’autre part, aux cadences de reconditionnement et de traitement des matières uranifères encore présentes dans l’INB 105 en vue de son démantèlement. L’ASN a relevé que la pandémie de Covid‑19 n’a pas perturbé le fonctionnement normal des usines en exploitation. L’exploitant a réussi à maintenir la sûreté et la radioprotection dans les unités de production, mais aussi sur les chantiers de construction ou de modification des INB. Pour les installations en démantèlement, la situation sanitaire a entrainé l’arrêt de tous les chantiers durant le premier confinement et généré des retards sur les objectifs de l’année. INCIDENCE COVID Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2020 45 LE PANORAMA RÉGIONAL DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

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