Rapport de l'ASN 2017

66 Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2017 Chapitre 02  - Les principes de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et les acteurs du contrôle du réacteur et les défaillances (ou le bon fonctionnement) des matériels du réacteur. Grâce à des statistiques sur la fiabilité des systèmes et sur le taux de succès des actions (ce qui inclut donc des données de « fiabilité humaine »), la probabilité de chaque séquence est calculée. Les séquences similaires correspondant à un même événement déclencheur sont regroupées en familles, ce qui permet de déterminer la contribution de chaque famille à la probabilité de fusion du cœur du réacteur. Les EPS, bien que limitées par les incertitudes sur les données de fiabilité et les approximations de modélisation de l’installa- tion, prennent en compte un ensemble d’accidents plus large que les études déterministes et permettent de vérifier et éven- tuellement de compléter la conception résultant de l’approche déterministe. Elles doivent donc être un complément aux études déterministes, sans toutefois s’y substituer. Les études déterministes et les analyses probabilistes constituent un élément essentiel de la démonstration de sûreté nucléaire, qui traite des défaillances internes d’équipements, des agres- sions internes et externes, ainsi que des cumuls plausibles entre ces événements. Plus précisément, les défaillances internes correspondent à des dysfonctionnements, pannes ou endommagements d’équipe- ments de l’installation, y compris résultant d’actions humaines inappropriées. Les agressions internes et externes correspondent quant à elles à des événements trouvant leur origine respecti- vement à l’intérieur ou à l’extérieur de l’installation et pouvant remettre en cause la sûreté de l’installation. Les défaillances internes incluent par exemple: ཛྷ ཛྷ la perte des alimentations électriques ou des moyens de refroidissement; ཛྷ ཛྷ l’éjection d’une grappe de commande; ཛྷ ཛྷ la rupture d’une tuyauterie du circuit primaire ou secondaire d’un réacteur nucléaire; ཛྷ ཛྷ la défaillance de l’arrêt d’urgence du réacteur. S’agissant des agressions internes, il est notamment nécessaire de prendre en considération: ཛྷ ཛྷ les émissions de projectiles, notamment celles induites par la défaillance de matériels tournants; ཛྷ ཛྷ les défaillances d’équipements sous pression; ཛྷ ཛྷ les collisions et chutes de charges; ཛྷ ཛྷ les explosions; ཛྷ ཛྷ les incendies; ཛྷ ཛྷ les émissions de substances dangereuses; ཛྷ ཛྷ les inondations trouvant leur origine dans le périmètre de l’installation; ཛྷ ཛྷ les interférences électromagnétiques; ཛྷ ཛྷ les actes de malveillance. Enfin, les agressions externes comprennent notamment: ཛྷ ཛྷ les risques induits par les activités industrielles et les voies de communication, dont les explosions, les émissions de subs- tances dangereuses et les chutes d’aéronefs; ཛྷ ཛྷ le séisme; ཛྷ ཛྷ la foudre et les interférences électromagnétiques; ཛྷ ཛྷ les conditions météorologiques ou climatiques extrêmes; ཛྷ ཛྷ les incendies; ཛྷ ཛྷ les inondations trouvant leur origine à l’extérieur du péri- mètre de l’installation; ཛྷ ཛྷ les actes de malveillance. 1.2.5 Le retour d’expérience Le retour d’expérience (REX), qui participe à la défense en pro- fondeur, est l’un des outils essentiels dumanagement de la sûreté. Il repose sur une démarche organisée et systématique de recueil et d’exploitation des signaux que donne un système. Il doit permettre de partager l’expérience acquise pour un apprentis- sage organisationnel (soit la mise en œuvre, dans une structure apprenante, de dispositifs de prévention s’appuyant sur l’expé- rience passée). Un premier objectif du REX est de comprendre, pour ainsi progresser sur la connaissance technologique et la connaissance des pratiques réelles d’exploitation, pour in fine, lorsque cela est pertinent, réinterroger la conception (technique et documentaire). L’ enjeu du REX étant collectif, un deuxième objectif est de partager la connaissance qui en est issue à travers la mémorisation et l’enregistrement de l’écart, de ses enseigne- ments et de son traitement. Un troisième objectif du REX est d’agir sur les organisations et les processus de travail, les pra- tiques de travail (individuelles et collectives) et la performance du système technique. Le retour d’expérience englobe donc les événements, incidents et accidents qui se produisent en France et à l’étranger dès lors qu’il est pertinent de les prendre en compte pour renforcer la sûreté nucléaire ou la radioprotection. 1.2.6 Les facteurs sociaux, organisationnels et humains (FSOH) L’ importance des FSOH pour la sûreté nucléaire, la radioprotection et la protection de l’environnement La contribution de l’homme et des organisations à la sûreté, la radioprotection et la protection de l’environnement est déterminante lors de la conception, de la construction, de la mise en service, du fonctionnement et du démantèlement des installations, ainsi que lors du transport de substances radioactives. De même, la façon dont les hommes et les orga- nisations gèrent les écarts à la réglementation, aux référentiels et aux règles de l’art, ainsi que les enseignements qu’ils en tirent, est déterminante. Ainsi, tous les intervenants, quels que soient leur positionnement hiérarchique et leurs fonctions, contribuent à la sûreté, la radioprotection et la protection de l’environnement, du fait de leurs capacités à s’adapter, à détecter et à corriger des défauts, à redresser des situations dégradées et à pallier certaines difficultés d’application des procédures. L’ASN définit les FSOH comme l’ensemble des éléments des situations de travail et de l’organisation qui ont une influence sur l’activité de travail des intervenants. Les éléments consi- dérés relèvent de l’individu (acquis de formation, fatigue ou stress, etc.) et de l’organisation du travail dans laquelle il s’ins- crit (liens fonctionnels et hiérarchiques, co-activités, etc.), des dispositifs techniques (outils, logiciels, etc.) et, plus largement, de l’environnement de travail, avec lesquels l’individu interagit. L’environnement de travail concerne, par exemple, l’ambiance thermique, sonore ou lumineuse du poste de travail, ainsi que l’accessibilité des locaux. La variabilité des caractéristiques des intervenants (la vigilance qui diffère en fonction dumoment de la journée, le niveau d’expertise qui varie selon l’ancienneté au poste) et des situations rencontrées (une panne imprévue, des tensions sociales) explique qu’ils aient perpétuellement à adapter leurs modes opératoires pour réaliser

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