La gestion des conséquences de l'accident de Tchernobyl. Perspective thématique

Vingt ans après l'accident de Tchernobyl (1986), le projet PAREX a permis de revenir sur l'ensemble de la gestion post-accidentelle en Biélorussie.

Les étapes de la méthode ETHOS

La formation de groupes de volontaires

Des habitants d'Olmany cartographient la contamination dans le village

Au début du projet, des groupes de villageois intéressés ont été formés. La discussion entre l'équipe ETHOS et ces groupes a permis d'identifier des objectifs prioritaires d'amélioration concrète des conditions de vie dans le village (par exemple diminuer la contamination du lait pour les enfants ou produire de la viande conforme aux normes pour pouvoir la vendre au marché et améliorer les revenus). L'identification de ces objectifs partagés permet de créer des groupes de travail formés de volontaires du village (mères de famille, agriculteurs, professionnels de santé, dosimétristes, professeurs) et de membres de l'équipe ETHOS.

L'investigation des problèmes prioritaires

Différents projets vont être initiés sur la base des objectifs fixés par les habitants. Chaque groupe de travail va investiguer une question pratique :

  • "Comment améliorer la situation radiologique de nos enfants ?" ;
  • "Comment produire du lait “propre“ (non contaminé) ?" ;
  • "Comment permettre à nos enfants de connaître cette situation radiologique pour qu'ils puissent s'orienter ?".

Ces questions vont nécessiter des investigations spécifiques (campagnes de mesure de la qualité radiologique, identification des modes de production et des voies de contamination des produits, etc).

Ces investigations permettent aux participants de passer progressivement d'une situation floue (“C'est très contaminé chez nous“) à une situation caractérisée de façon beaucoup plus fine et contrastée (par exemple, la connaissance de la contamination de chaque pâturage, l'identification de points noirs sur le plan radiologique mais aussi de zones propres).

La recherche de marges de manoeuvre, de voies d'amélioration

Au fur et à mesure que se construit une connaissance fine de la situation relative aux différents problèmes considérés, des marges de manoeuvre apparaissent (par exemple une utilisation sélective du foin en fonction de son niveau de contamination dans la production privée de lait d'hiver). Sur cette base, le groupe construit alors, avec l'aide des membres de l'équipe ETHOS, des stratégies d'amélioration pratique de la qualité radiologique, susceptibles d'être mises en œuvre par les habitants du groupe de travail puis à une échelle plus large.

La mise en oeuvre des projets et l'implication d'acteurs extérieurs au groupe

Les actions possibles supposent également l'intervention de personnes ou d'organisations extérieures au groupe de travail (par exemple la direction du Kolkhoze, le Comité Exécutif du District, une administration nationale, la laiterie voisine, …). La Charte de coopération d'ETHOS permet alors à l'équipe ETHOS de contacter ces personnes et de mener une action de médiation permettant leur contribution aux projets locaux.

Une dynamique s'engage ainsi ente le groupe mobilisé et le projet : au fur et à mesure que le questionnement s'affine, le groupe mobilisé s'étoffe. En retour, les nouveaux acteurs impliqués dans le projet contribuent à l'évolution du questionnement et des objectifs poursuivis ainsi qu'à la construction des actions.

Le dialogue avec des acteurs extérieurs et la contribution de ces acteurs aux projets du groupe font apparaître plus clairement la contribution des chacun, notamment des autorités, à l'amélioration de la situation du point de vue radiologique. En particulier, les effets des actions des autorités deviennent mesurables et vérifiables du fait du développement d'une capacité de mesure radiologique par les acteurs locaux.

Date de la dernière mise à jour : 18/01/2014