La gestion des conséquences de l'accident de Tchernobyl. Perspective historique

Vingt ans après l'accident de Tchernobyl (1986), le projet PAREX a permis de revenir sur l'ensemble de la gestion post-accidentelle en Biélorussie.

Partir ou rester : un choix difficile dans les zones de relogement volontaire

Vérification de la radioactivité sur le mur d'une maison

Le système de gestion post-accidentel mis en place en 1991 en Biélorussie donne une visibilité nouvelle à la situation de contamination des territoires à travers leur statut légal.

Tout d'abord, les données concernant la contamination des territoires biélorusses sont rendues publiques. Les habitants d'une partie des territoires contaminés de Biélorussie prennent conscience à ce moment seulement de l'existence d'une contamination radiologique de leur environnement. Tchetchersk fait partie des territoires qui découvrent ainsi l'ampleur de leur contamination radiologique en 1991.

D'autre part, l'existence d'une zone de relogement volontaire fait entrer dans le système de gestion post-accidentel biélorusse une dimension nouvelle : la liberté de choix des individus quant à leur départ. Ce choix concerne également les habitants des 2 autres zones de relogement (immédiat et "ultérieur"). En effet, leur relogement est prévu par la loi mais peut se trouver différé pour des raisons administratives (zone de relogement "ultérieur") ou pratiques (retard dans les relogements dans la zone de relogement immédiat).

En 1994, une majorité de la population du district de Tchetchersk est composée de personnes ayant pris la décision de rester sur le territoire. Il s'agit à la fois de personnes n'ayant pas quitté le district et de personnes revenues vivre dans le district après une période de relogement. Une minorité de personnes n'ont pas encore fait leur choix. Leur vie quotidienne est marquée par cette hésitation (un habitant du district appartenant à cette catégorie déclare ainsi : "le matin, je me lève et je me dis que je vais rester ; le soir, au moment de me coucher, je me dis que je vais partir").

Le départ du territoire représente un choix extrêmement difficile. Outre l'attachement au territoire natal, le contexte économique (coût de la vie dans les villes, difficultés à trouver un travail ou un logement dans un nouveau lieu de résidence) est un facteur important dans l'hésitation à partir ou le choix de rester. De plus, ce choix s'avère extrêmement difficile en l'absence d'une information précise, accessible et ayant un sens par rapport aux réalités quotidiennes des personnes. Ce choix est une source de tension très forte pour les habitants qui y sont confrontés. Les choix des autres habitants de la localité ou du quartier constituent un élément important qui influence les décisions ou les hésitations des habitants.

Date de la dernière mise à jour : 23/08/2018