Surveillance générale de l’environnement

Une caractérisation, puis une surveillance renforcée de la contamination de l’environnement ont été organisées très rapidement par les autorités japonaises. L’ensemble des mesures réalisées par les différents acteurs (Tepco, MEXT, NSC, Nuclear Emergency Headquarters, MOE, MAFF, MHLW, gouvernements locaux) sont expliquées au sein du « Comprehensive Monitoring Plan » publié par les autorités japonaises le 2 août 2011.

L’IRSN a publié, le 12 mars 2012 le rapport « Fukushima un an après – premières analyses de l’accident et de ses conséquences » qui présente les résultats des travaux engagés depuis 1 an par l’Institut pour suivre la situation au Japon. Sur la contamination de l’environnement terrestre, il est indiqué que la principale zone de dépôts radioactifs s’étend sur une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de la centrale accidentée avec des débits de dose supérieurs à 2 µSv/h et dépassant même 20 µSv/h dans la partie la plus affectée par les dépôts. En dehors de cette zone, plusieurs préfectures distantes de Fukushima présentent des zones au sein desquelles le débit de dose est significativement plus élevé que le bruit de fond naturel. Il apparaît en particulier que le milieu terrestre au Japon est durablement contaminé par deux radionucléides, le césium 134 et le césium 137, qui constituent aujourd’hui la quasi-totalité de la contamination, les iodes et autres radionucléides de courte période ayant diminué par décroissance radioactive. Fin juin 2012, compte tenu de la décroissance radioactive, il subsiste 97% du césium 137 et 65% du césium 134 initialement déposés lors de l’accident :

  • les activités surfaciques les plus élevées sont observées dans la zone de 20 km autour de l’installation accidentée avec des valeurs maximales de 15 millions de Bq/m² en césium 134/137. La surface des zones où l’activité en césium dépasse 1 million de Bq/m² est d’environ 260 km² ;
  • En dehors de la zone principale de dépôts (au-delà de 80 km de la centrale accidentée), des dépôts significatifs mais de plus faible intensité se sont également formés, dont l’activité est généralement inférieure à 100 000 Bq/m². La surface des zones où l’activité en césium dépasse 10 000 Bq/m² est d’environ 24 000 km²;

Du plutonium a également été détecté en divers lieux, le plus éloigné étant situé à 45 kilomètres de la centrale, à des niveaux faibles : 0,82 Bq/m² de Pu 238 et 2,5 Bq/m² de 239+240 Pu. L’IRSN souligne donc que l’impact environnemental du rejet de plutonium est faible, comparé notamment à l’accident de Tchernobyl.

L’accident de Fukushima a eu pour conséquences un rejet très important de matières radioactives en milieu marin, estimé par l’IRSN à 27 000 térabecquerels en césium 137, entre mars et juillet 2011. Cette contamination est particulièrement surveillée, en champ proche de la centrale et en champ plus lointain (au moins 30 km). Aujourd’hui, les concentrations en mer sont faibles, avec des niveaux de contamination de l’eau de mer situés entre 1 et 10 Bq/l à proximité de la centrale et de l’ordre de 0,01 Bq/l à distance des côtes. L’évolution des concentrations en radionucléides dans l’eau de mer indique qu'il subsiste un apport régulier de césium radioactif le long des côtes, plus significatif à proximité immédiate de l'installation accidentée. Concernant les sédiments marins, les concentrations mesurées en césium 137 sont généralement inférieures à 1 000 Bq/kg ce qui est relativement faible, sauf à proximité de la centrale. Ces concentrations pourraient être plus élevées dans les zones les moins profondes ou pouvant avoir un taux de renouvellement plus faible.

En octobre 2012 a eu lieu une seconde réunion entre les experts européens et japonais de la contamination radiologique de l’espace maritime (la première réunion avait eu lieu en octobre 2011). Les principales conclusions de cette réunion sont :

  • bien que des incertitudes persistent quant aux quantités de radionucléides rejetées en mer après l’accident de Fukushima et aux mécanismes de transfert entre l’eau de mer et les sédiments, la situation de la contamination marine autour de Fukushima est aujourd’hui bien connue grâce à la surveillance radiologique engagée par les autorités japonaises ;
  • le risque que des poissons et autres produits de la mer pêchés dans l’Océan Pacifique, au-delà des eaux territoriales japonaises, présentent des niveaux de contamination supérieurs aux NMA peut aujourd’hui être écarté.

Date de la dernière mise à jour : 26/03/2014