Gestion des déchets

La gestion des déchets est un sujet complexe car le tremblement de terre et le tsunami responsables de l’accident nucléaire ont également produit de nombreux déchets. Le 23 et le 28 juin 2011 ont été publiées les premières recommandations générales pour la gestion des déchets contaminés[1]. Par exemple, les déchets contaminés incinérables doivent être pris en charge au sein d’incinérateurs équipés de filtres. Les cendres issues de cette incinération peuvent être enfouies sur des terrains n’ayant pas vocation à devenir des lieux d’habitation, si leur niveau de contamination est inférieur à 8000 Bq/kg. Au-delà, elles doivent être entreposées.

Ces recommandations ont été complétées le 28 juillet 2011 par la publication des solutions techniques retenues pour l’entreposage des cendres, en fonction de leur niveau d’activité. Ainsi, les cendres dont l’activité est comprise entre 8 000 et 100 000 Bq/kg peuvent être (1) stockées en fûts dans un site permettant de faire un écran à la radioactivité (ex : immeuble de béton armé) (2) stockées dans une décharge aménagée à cet effet (3) stockées en fûts dans une zone contrôlée. Une méthode d’entreposage est également proposée[2] : les cendres doivent être stockées dans des sacs et entreposées dans des sites d’entreposage municipaux. Pour les cendres dont les niveaux de contamination dépassent 100 000 Bq/kg des sites d’entreposage spécifiques doivent être utilisés afin notamment de limiter l’exposition externe des opérateurs de déchets.

Les terres contaminées ont été entreposées sur les territoires des communes concernées, à priori pour une période de trois ans qui pourrait être prolongée. Dans la zone de décontamination spéciale (« Special decontamination areas ») le ministère de l’environnement (MOE) prend en charge la construction de bâtiments spécifiques. Dans les autres communes, la construction de bâtiments dévolus à l’entreposage est laissée sous la responsabilité des communes avec le soutien financier et technique du MOE.

Sont également prévues :

  • la construction de sites d’entreposages intermédiaires (« Interim storage facility ») dans la préfecture de Fukushima, dont la construction devrait être achevée en 2015, pour une durée de trente ans ;
  • la construction d’un site de stockage (« Final disposal ») en dehors de la préfecture.

Un des défis à l’heure actuelle est la sécurisation des sites d’entreposage des déchets présents dans les différentes communes de la préfecture de Fukushima. Trois priorités ont été définies par le MOE :

  • limiter l’exposition externe (shielding) ;
  • limiter la pénétration des eaux de pluie et le ruissèlement (imperméabilisation du site de stockage, mise en place de bacs de rétention) ;
  • mettre en place une surveillance radiologique de long terme des débits de dose et des concentrations des eaux souterraines en radionucléides.
Conformation proposée pour les sites d’entreposage (source MOE)
Conformation proposée pour les sites d’entreposage (source MOE)

La sélection de sites d’entreposage intermédiaires (« Interim storage facility ») a débuté en décembre 2011. Le MOE a d’abord sollicité 8 communes de la préfecture de Fukushima et notamment du district de Futaba, constitué des communes les plus proches de l’installation accidentée de Fukushima.

En mars 2012, le MOE a proposé la mise en place de trois sites d’entreposage intermédiaires dans les trois communes de Futaba, Okuma et Nahara et a proposé en août le lancement des études de faisabilité. Le gouverneur de la préfecture de Fukushima a ensuite donné son accord, en concertation avec les élus, au lancement de ces études de faisabilité en novembre 2012.

Sites potentiellement choisis
Sites potentiellement choisis

12 sites potentiels sont à l’étude notamment autour de l’installation accidentée. Ils doivent présenter des capacités suffisantes en matière de volume, être facilement accessibles et être mis en place sur des sols peu vulnérables à la contamination radioactive.

La carte à droite présente les sites potentiellement choisis et le schéma présente ensuite , en fonction de la nature des déchets entreposés, de leur niveau de contamination, mais également de la vulnérabilité des eaux souterraines à la contamination radioactive (source MOE) :

Les différents types de sites d’entreposage intermédiaires
Les différents types de sites d’entreposage intermédiaires

 

Localisation des trois sites d’entreposage
Localisation des trois sites d’entreposage

 

Afin d’optimiser le transport des déchets, trois zones ont été définies, correspondant à la localisation des trois sites d’entreposage définis (Futaba, Okuma et Nahara).

Ces trois zones sont présentées sur la carte à droite :

 

 

 

[1] “Policy on Disposal of Disaster Wastes in Fukushima Prefecture”, 23 juin 2011 et “Immediate Handling and Measurements of Incinerated Ash in Municipal Solid Waste Facility”, 28 juin 2011.

[2] “Temporary Storage in Disaster Waste Disposal in Fukushima Prefecture” et “Temporary Storage of Incinerated Ash, etc. in Municipal Solid Waste Facility”, 28 juillet 2011.

Date de la dernière mise à jour : 26/03/2014