La sûreté nucléaire et la radioprotection en Basse-Normandie en 2014 : l’ASN dresse un bilan globalement assez satisfaisant

Publié le 26/05/2015 à 11:00

Communiqué de presse

La division de Caen de l’ASN a présenté à Caen le 26 mai 2015 le bilan de son action de contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Basse-Normandie pour l’année 2014.

Cette conférence de presse fait suite à la présentation par le collège de l’ASN de son Rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2014, le 15 avril 2015, à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Au regard des résultats de son action de contrôle et notamment des 121 inspections réalisées en Basse-Normandie, l’ASN considère que le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Basse-Normandie est globalement assez satisfaisant. Cependant, les exploitants doivent poursuivre leurs actions pour respecter les dispositions visant au renforcement de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, au vu des exigences actuelles et du retour d’expérience.

Pour les installations de La Hague exploitées par Areva NC, l’ASN considère que le bilan est satisfaisant pour ce qui concerne la sûreté nucléaire, la protection des personnels contre les rayonnements ionisants et le respect des limites de rejets dans l’environnement, mais qu’Areva NC doit poursuivre ses efforts pour assurer, dans le respect des échéances prescrites, la reprise et le conditionnement des déchets anciens entreposés sur le site. Au terme de son action de contrôle, l’ASN considère que deux décisions de mise en demeure prises respectivement en 2012 et 2013, la première relative au suivi des équipements sous pression nucléaires du site, la seconde concernant la prise en compte des risques associés à l’entreposage de déchets du silo 130, ont été respectées. Par ailleurs, l’ASN considère qu’après des retards successifs, il importe qu’Areva NC entreprenne au plus tôt la reprise des déchets anciens entreposés sur le site dans des conditions de sûreté qui ne répondent plus aux exigences actuelles. L’ASN contrôlera la mise en œuvre de la décision prise le 9 décembre 2014 pour compléter l’encadrement des projets de reprise et de conditionnement de ces déchets.  

Concernant la centrale de Flamanville exploitée par EDF, l’ASN considère que les performances du site rejoignent l’appréciation générale portée par l’ASN sur les centrales d’EDF. L’ASN estime néanmoins que le site de Flamanville doit poursuivre ses efforts visant à la réalisation des activités de maintenance attendues et accorder toute la rigueur nécessaire aux opérations de conduite. 

Au regard du contrôle exercé sur le chantier du réacteur EPR Flamanville 3 conduit par EDF, l’ASN considère que l’organisation mise en place par EDF reste globalement satisfaisante mais a montré en 2014 une efficacité contrastée selon les domaines inspectés ; les difficultés rencontrées lors des premières activités de mise en précontrainte de l’enceinte interne du bâtiment réacteur ont fait l’objet de mesures réactives appropriées de la part d’EDF. L’ASN estime qu’EDF doit continuer de veiller à apporter la rigueur nécessaire au processus permettant d’assurer la bonne réalisation des essais de démarrage. Dans le domaine de la fabrication des équipements sous pression destinés au réacteur Flamanville 3, l’anomalie identifiée en fin d’année 2014 concernant le couvercle et le fond de la cuve du réacteur fera l’objet d’essais et d’analyses complémentaires. La mise service du réacteur est conditionnée aux résultats qui seront obtenus, sur la base desquels l’ASN prendra position.

Concernant les autres installations nucléaires contrôlées en Basse-Normandie, à savoir le Centre de stockage de la Manche exploité par l’Andra et le Grand accélérateur national d’ions lourds exploité par le GIE Ganil, l’ASN considère que leurniveau de sûreté est satisfaisant.

Dans le domaine des utilisations médicales des rayonnements ionisants, les inspections menées par l’ASN dans les centres de radiothérapie confirment l’amélioration de l’organisation permettant l’assurance de la qualité des soins ; malgré des renforts en personnels, plusieurs centres de radiothérapie normands connaissent encore une insuffisance ou une instabilité de leurs effectifs, notamment en radiophysique médicale, et parfois de médecins radiothérapeutes, ce qui peut constituer un frein aux démarches de progrès. En matière d’imagerie médicale, la maîtrise des doses délivrées aux patients reste un objectif prioritaire de l’ASN. Les actes médicaux doivent faire l’objet de justification et d’optimisation pour l’exposition de chaque patient en fonction des objectifs médicaux retenus, notamment en scanographie et en radiologie interventionnelle.

L’ASN a maintenu son contrôle dans le domaine de la radiographie industrielle, qui présente des enjeux importants de radioprotection des travailleurs. Les inspections de l’ASN ont conduit à constater une situation très contrastée suivant les entreprises : si les conditions d’intervention s’améliorent de manière globale, l’organisation et les pratiques de quelques entreprises en matière de radioprotection restent un motif de vigilance pour l’ASN. 

L’ASN a également abordé, à l’occasion de cette conférence de presse, d’autres éléments marquants relatifs à l’action de l’ASN, notamment le processus  de réévaluation de la sûreté des installations et les mesures prises au titre des suites de l’accident de Fukushima.

     

Contact presse : Evangelia Petit, chef du service de presse, tél : 01 46 16 41 42,  evangelia.petit@asn.fr

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017