Ile-de-France et Outre-mer : l'ASN présente le bilan des inspections et les axes d’amélioration identifiés aux professionnels de la médecine nucléaire

Publié le 20/10/2015 à 15:00

Information régionale

Séminaire médecine nucléaire, ASN Paris, 2015

Le 29 septembre 2015, la division de Paris de l’ASN a organisé le deuxième séminaire professionnel sur le thème de la radioprotection des patients, des travailleurs et de l’environnement en médecine nucléaire.

Ce séminaire a rassemblé plus de 140 participants, dont 94 professionnels1 de la médecine nucléaire de la région Ile-de-France et des départements d’Outre-mer, soit 93% des services de médecine nucléaire franciliens et ultramarins.

Deux agents de la division de Paris de l’ASN (Thierry Chrupek, adjoint au chef de la division, et Séverine Gupta, inspecteur référent pour la médecine nucléaire) ont présenté le bilan des différentes inspections réalisées à l’échelle locale entre 2012 et 2014 et les axes d’amélioration identifiés sur la base de ce bilan.

Les tendances observées confirment une meilleure prise en compte de la radioprotection des patients de la part des médecins nucléaires, du fait notamment d’une meilleure appropriation du principe de justification, et une mise en œuvre plus adéquate des mesures de radioprotection des travailleurs, les personnes compétentes en radioprotection (« PCR ») étant désormais fortement impliquées au sein des services.

Les principaux axes d’amélioration relevés concernent la gestion des sources radioactives scellées, qui doit être plus rigoureuse, et, pour le personnel médical en particulier libéral, la réalisation d’analyses des postes de travail, la formation à la radioprotection des praticiens et la mise en œuvre d’une surveillance médicale renforcée.

La décision de l’ASN du 23 octobre 2014 « relative aux règles techniques minimales de conception, d’exploitation et de maintenance auxquelles doivent répondre les installations de médecine nucléaire in vivo » a été présentée aux professionnels, afin qu’ils soient en mesure de pleinement s’approprier ces nouvelles règles. Cette décision de l’ASN constitue en effet une réponse à « l’évolution des technologies, l’utilisation de nouveaux radionucléides ainsi que l’approche graduée d’exigences proportionnées aux risques d’exposition aux rayonnements ionisants encourus »2 pour les professionnels de médecine nucléaire.

Anne Jegouzo, inspecteur référent pour la médecine nucléaire et la recherche biomédicale à l’ASN, a par ailleurs rappelé les nouvelles modalités de la procédure de participation du public mises en œuvre pour les services de médecine nucléaire depuis le 1er septembre 2015. Plusieurs participants (médecins nucléaires, physicien, personne compétente en radioprotection, cadre de santé...) ont présenté certains événements significatifs de la radioprotection (ESR) survenus dans leurs services.

Radioprotection des patients

Le retour d’expérience sur la sécurisation du circuit du médicament radiopharmaceutique a fait l’objet d’une intervention du professeur Dominique Le Guludec, chef de service de médecine nucléaire à l’hôpital Bichat3 ; Karine Koehler, cadre paramédical de santé dans le même établissement, a résumé l’évaluation des pratiques professionnelles réalisée dans son service afin de respecter la règle des « 5 B » : administrer le Bon médicament radiopharmaceutique, à la Bonne dose, sur la Bonne voie, au Bon moment, au Bon patient.

Enfin, pour ce qui concerne la radioprotection des patients, Anne Jegouzo, inspecteur référent pour la médecine nucléaire à la Direction des rayonnements ionisants et de la santé (DIS), a présenté une étude sur l’impact de l’essor des gamma-caméras hybrides sur la dose délivrée au patient, et le professeur Gérald Bonardel (Centre Cardiologique du Nord) est intervenu sur l’optimisation des pratiques en imagerie médicale. Il a notamment exposé, au moyen d’exemples choisis, une réflexion sur la technique d’imagerie utilisée et la dose délivrée en fonction du questionnement clinique.

Radioprotection des travailleurs

Concernant la radioprotection des travailleurs, David Cellier (Unité d’expertise en radioprotection médicale, IRSN) est intervenu sur les contaminations internes et externes des travailleurs en médecine nucléaire, rappelant que des mesures systématiques en fin de journée de travail ont démontré que la contamination interne reste encore largement sous-estimée dans les services de médecine nucléaire. Des études de l’IRSN ont également montré que des contaminations régulières des mains sont souvent peu connues des travailleurs concernés. Michela Bernardini, radiophysicienne à l’hôpital européen Georges Pompidou, a présenté la gestion de la décontamination des personnels et des équipements ainsi que l’estimation des doses reçues au cours d’un ESR survenu dans le cadre de l’utilisation de microsphères marquées à l’yttrium 90 en radiologie interventionnelle.

Le docteur Eric Gontier, médecin nucléaire, chef de service à l’hôpital de l’instruction des armées du Val-de-Grâce, a quant à lui présenté la maîtrise du risque de contamination interne lors de l’utilisation du radium 223.

Retour d’expérience des événements significatifs de radioprotection (ESR)

Le bilan et le retour d’expérience national des ESR survenus en médecine nucléaire confirment l’appropriation progressive de la culture d’apprentissage par l’erreur : le nombre de déclarations d’ESR adressées à l’ASN par les services de médecine nucléaire est en effet en constante augmentation. Cependant, des axes de réflexion et d’amélioration sont suggérés dans l’analyse des causes et des facteurs organisationnels et humains pour identifier les barrières successives mises en œuvre pour éviter un événement grave (dites « barrières de défense »).

En savoir plus

Évolutions réglementaires

Radioprotection des patients

Radioprotection des travailleurs

REX des évènements significatifs de la radioprotection (ESR)

1. Parmi les participants, on dénombrait notamment 16 médecins nucléaires, 37 personnes compétentes en radioprotection (PCR), 8 manipulateurs en électroradiologie médicale, 13 radiopharmaciens et 17 radiophysiciens.

2. Consulter la note d’information publiée par l’ASN le 2 février 2015 

3. Dominique Le Guludec préside par ailleurs le conseil d’administration de l’IRSN.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017