A Marseille, l’ASN souligne le développement d’une culture de la radioprotection dans les services de médecine nucléaire mais invite les professionnels à une vigilance accrue

Publié le 09/08/2013 à 15:28

Information régionale

La division de Marseille de l’ASN a organisé une rencontre interrégionale avec les professionnels sur les enjeux de la radioprotection en médecine nucléaire

La division de Marseille de l’ASN a réuni, le 21 juin 2013, 74 professionnels1 de la médecine nucléaire des régions PACA, Languedoc-Roussillon et Corse lors d’une première journée sur les enjeux de la radioprotection en médecine nucléaire. 93% des services de médecine nucléaire établis sur le territoire géographique de la division de Marseille de l’ASN étaient ainsi représentés lors de cette rencontre.

J.-M.Barthe, inspecteur référent pour la médecine nucléaire de la division de Marseille de l’ASN, a tout d’abord rappelé les insuffisances relevées dans les services lors des contrôles des installations de médecine nucléaire sur la période 2010 à 2013 et les enjeux particuliers liés à la radioprotection des travailleurs et des patients.

- concernant la radioprotection des travailleurs, une étude présentée par l’IRSN a permis de souligner quelques bonnes pratiques ainsi que la nécessité d’un suivi dosimétrique des extrémités dans une activité qui expose particulièrement les travailleurs. Les résultats d’une étude comparative menée par un établissement entre les modes manuels et semi-automatiques ont été présentés ; ces résultats montrent un gain significatif de l’exposition des travailleurs procurée par l’utilisation d’un système semi-automatisé. Toutefois, si l’utilisation de ces systèmes présente un réel intérêt en termes de radioprotection des travailleurs, un haut niveau de vigilance ainsi qu’une formation spécifique s’imposent dans la mesure où des incidents peuvent se produire, notamment du fait d’une utilisation inappropriée de ces nouveaux appareils. Afin d’illustrer ces propos, un établissement a présenté les circonstances d’un incident survenu quelques mois auparavant ainsi que les actions correctives qui ont été mises en œuvre.

- concernant la radioprotection des patients, l’ASN a rappelé que l’exposition moyenne de la population française due à l’imagerie médicale est en augmentation significative. Dans ce contexte, l’ASN recommande aux professionnels d’initier ou de poursuivre les démarches d’optimisation afin de diminuer les doses délivrées aux patients, notamment lors de l’utilisation d’appareils hybrides. Plusieurs professionnels de santé ont ainsi présenté les démarches mises en œuvre, au sein de leurs établissements et du groupe d’action concerté des services de médecine nucléaire du sud de la France (ACOMEN), à des fins d’optimisation.

- concernant la radioprotection de l’environnement, un établissement a présenté l’organisation qu’il a mise en place pour assurer une gestion des déchets rigoureuse et conforme à la décision n° 2008-DC-0095 de l’ASN fixant les règles techniques auxquelles doit satisfaire l’élimination des effluents et des déchets contaminés par les radionucléides. Afin de sensibiliser les services à la problématique liée au transport de substances radioactives, une présentation relative notamment aux obligations en matière de transport de colis radioactifs a été effectuée.

Enfin, un point a été présenté par l’ASN sur les perspectives réglementaires intéressant l’activité de médecine nucléaire.

P. Perdiguier, chef de la division de Marseille de l’ASN, a énuméré, en conclusion de cette première journée de rencontre interrégionale avec les professionnels concernés, les enjeux radiologiques les plus forts en médecine nucléaire, notamment en ce qui concerne l’exposition des travailleurs. Il a invité les professionnels présents à réaliser un effort accru de formation des intervenants et d’implication de l’ensemble des acteurs de terrain dans l’amélioration de la radioprotection. P. Perdiguier a en outre souligné avec satisfaction le développement d’une culture de la radioprotection dans les services contrôlés, illustrée notamment par une augmentation significative des déclarations d’évènements de radioprotection sur l’année 2012. Il a toutefois invité les professionnels rassemblés à assurer une meilleure gestion des déchets et effluents au sein des établissements.

Pour en savoir plus :

Consulter les présentations effectuées par les professionnels des différents établissements de santé, l'ASN et l'IRSN :

Radioprotection des travailleurs :

Gestion des déchets :

Transport :

Radioprotection des patients :

Point réglementaire :

1. Parmi les participants siégeaient des personnes compétentes en radioprotection (PCR), des physiciens médicaux, des médecins nucléaire, des ingénieurs biomédicaux, des cadres de santé, des manipulateurs en électroradiologie médicale, des représentants d’organismes agrées ainsi que des membres des institutions et des administrations concernées (Agence régionale de santé, IRSN).

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017