Usine Georges Besse II de séparation des isotopes de l'uranium par centrifugation

L'usine Georges Besse II, exploitée par la Société d’enrichissement du Tricastin (SET) jusqu'en 2018, filiale à 100% du groupe Orano, constitue la nouvelle installation d’enrichissement du site depuis l’arrêt d’Eurodif. Elle met en œuvre la séparation des isotopes de l’uranium par le procédé de centrifugation.

Transformation de substances radioactives - SET

Installion contrôlée par :

la division de Lyon

L'installation en bref

L'usine Georges Besse II, exploitée par la Société d’enrichissement du Tricastin (SET) jusqu'en 2018, filiale à 100% du groupe Orano, constitue la nouvelle installation d’enrichissement du site depuis l’arrêt d’Eurodif. Elle enrichit l’uranium en isotope 235 par ultracentrifugation. Ce procédé consiste à faire tourner à très haute vitesse un bol cylindrique contenant de l’hexafluorure d’uranium gazeux (UF6). Sous l’effet de la force centrifuge, les molécules les plus lourdes (contenant l’isotope 238 de l’uranium) se concentrent à la périphérie, tandis que les plus légères (contenant l’isotope 235) sont récupérées au centre. Ce procédé présente deux avantages décisifs par rapport au procédé de diffusion gazeuse utilisé par EURODIF.

  •  L’enrichissement par ultracentrifugation est beaucoup moins consommateur d’énergie que ne l’est l’enrichissement par diffusion gazeuse (75 MW contre 3000 MW à production équivalente).
  •  Le procédé par ultracentrifugation est plus sûr.
Appréciations 2018

Les installations de l’usine ont présenté en 2018 un niveau de sûreté satisfaisant. Les technologies mises en œuvre dans l’installation permettent d’atteindre des objectifs de sûreté, de radioprotection et de protection de l’environnement élevés.

Deux sujets de vigilance avaient été identifiés par l’ASN en 2017 : les détecteurs de présence d’eau dans les étuves de l’usine d’échantillonnage non reliés au système de contrôle commande, sans que les essais de mise en service ni les essais périodiques n’aient permis de détecter cette anomalie, ainsi que le processus d’évaluation des modifications matérielles de l’installation, jugé insuffisant lors d’une inspection. L’ASN a vérifié en 2018 que ces sujets avaient été traités de façon satisfaisante.

L’exploitant Orano Cycle s’est montré vigilant sur les écarts mineurs. Il a ainsi été en capacité de traiter de manière satisfaisante, dès sa détection, un événement significatif pour la sûreté, classé au niveau 1 de l’échelle INES, relatif à l’insuffisance des durées de solidification de l’UF6 à la suite des échantillonnages liquides.

En 2019, l’exploitant devra porter une attention particulière à la définition, dans les cahiers des charges des activités sous‑traitées, des éléments et des activités importants pour la protection, et à leurs exigences associées. Il devra également être vigilant à ce que les aléas d’exploitation dont le traitement n’est pas encadré par des procédures fassent l’objet de « points d’arrêt » impliquant le service en charge de la sûreté.

Principales étapes réglementaires

La création de l’usine Georges Besse II (GBII), qui comprend deux unités d’enrichissement distinctes (unités Sud et Nord) et des unités support, a été autorisée par voie de décret, le 27 avril 2007 modifié par le décret du 23 décembre 2011.

De l’examen mené par l’ASN et ses appuis techniques, l’IRSN et le groupe permanent d’experts pour les laboratoires et usines, il est ressorti que le faible encours d’UF6 dans les modules d'enrichissement ainsi que les conditions de fonctionnement du procédé de centrifugation contribuent à une bonne maîtrise des risques de dissémination des matières radioactives et chimiques. Par ailleurs, l’ASN estime que l’exploitant a retenu des dispositions satisfaisantes pour maîtriser les risques associés à la concomitance d’activités de chantier et d’activités d’exploitation liés à la conception modulaire de l’usine.

Considérant que les dispositions présentées par l’exploitant pour la mise en service de l’unité Sud sont satisfaisantes du point de vue de la sûreté et de la radioprotection, l’ASN a autorisé, début 2009, la mise en service de l’installation. Cette mise en service est accompagnée de prescriptions techniques qui explicitent les conditions de démarrage et d’exploitation de l’usine de centrifugation.

Par ailleurs, la SET, a déposé en janvier 2008 une demande de modification du décret de création de l’INB GBII (168) qui a abouti à la signature du décret du 23 décembre 2011 susmentionné.

Le schéma envisagé par SET au lancement du projet GBII était de s’appuyer sur un atelier support dénommé REC II - partie intégrante de l’INB GBII - et un atelier TE exploité par Orano. Orano a décidé la fusion des fonctions TE et REC II. L’atelier en résultant, intégré au projet GBII, fournira des prestations pour des exploitants d’autres installations du site de Pierrelatte et disposera de moyens communs avec l’unité GBII nord, notamment les parcs d’entreposage de conteneurs d’UF6 et la salle de conduite. Cette installation support devrait être mise en service en 2014.

De plus, SET a présenté en 2011 un dossier d'options de sûreté pour un projet d'accroissement de capacité des unités sud et nord.

  • Débat public sur le projet GB II (01/09/2004 au 22/10/2004).
  • Enquête publique sur le projet GB II (12/06/2006 au 21/07/2006).
  • Enquête publique sur la modification du REC II (du 22/12/2008 au 30/01/2009)

Date de la dernière mise à jour : 20/05/2019