Réacteur à haut flux de l’Institut Laue‑Langevin (ILL) à Grenoble (Isère)

L'ILL (Institut Laüe Langevin), organisme de recherche internationale, abrite un réacteur à haut flux neutronique (RHF) de 58 MW, à eau lourde, qui produit des faisceaux de neutrons thermiques très intenses destinés à la recherche fondamentale, notamment dans les domaines de la physique du solide, de la physique neutronique et de la biologie moléculaire. Le RHF constitue l'INB 67 et accueille sur son périmètre l'EMBL (European Molecular Biology), laboratoire de recherche internationale en biologie.

Réacteur de recherche - Institut Laue Langevin (ILL)

Installion contrôlée par :

la division de Lyon

L'installation en bref

L'ILL (Institut Laüe Langevin), organisme de recherche internationale, abrite un réacteur à haut flux neutronique (RHF) de 58 MW, à eau lourde, qui produit des faisceaux de neutrons thermiques très intenses destinés à la recherche fondamentale, notamment dans les domaines de la physique du solide, de la physique neutronique et de la biologie moléculaire. Le RHF constitue l'INB 67 et accueille sur son périmètre l'EMBL (European Molecular Biology), laboratoire de recherche internationale en biologie.

Le RHF constitue l’INB 67 et accueille sur son périmètre l’EMBL (European Molecular Biology), laboratoire de recherche internationale en biologie. Cette INB composée d’environ 500 personnes occupe une surface de 12 ha, située entre l’Isère et le Drac, juste en amont du confluent, à proximité du centre CEA de Grenoble.

Appréciations 2018

L’ASN considère que la sûreté du RHF est gérée de façon assez satisfaisante, mais elle a constaté en inspection des écarts relatifs à l’organisation de l’exploitation, qui l’ont conduite à demander des actions d’amélioration sur plusieurs sujets.

Les travaux de mise en place des circuits de sauvegarde « noyau dur », dans le cadre du retour d’expérience de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, se sont achevés au premier semestre 2018, ce qui est positif.

La mise en place d’un système de gestion intégrée (SGI) de la qualité et de la sûreté répondant aux exigences de l’arrêté du 7 février 2012, s’est poursuivie en 2018. Ce système vise à améliorer la maîtrise, par l’exploitant, des activités et de l’état des installations.

L’ASN a notamment relevé le travail important de l’ILL concernant son nouveau processus de gestion des écarts. L’ASN attendait de l’ILL une amélioration dans le suivi et la réalisation des contrôles et essais périodiques définis dans les règles générales d’exploitation, qu’elle a pu constater en 2018. Toutefois, elle estime que l’ILL doit poursuivre la mise en place des autres processus de son SGI (Système de gestion intégré). Il doit également accompagner son déploiement par des actions de formation et de sensibilisation de ses équipes. Enfin, il doit améliorer le contrôle et la surveillance des intervenants. L’ASN attend également encore des améliorations concernant le processus de gestion des modifications matérielles de l’installation, les insuffisances qu’elle a relevées l’ayant conduite, en février 2018, à mettre en demeure l’ILL de se conformer à la réglementation en vigueur sur le sujet.

En outre, l’ASN a constaté au cours de l’année 2018 des lacunes dans le suivi des engagements pris par l’ILL dans le cadre des suites d’inspections et des comptes rendus d’événements significatifs. L’efficacité et la pérennisation des actions correctives définies à l’issue des écarts, des événements ou en réponse aux constatations de l’ASN, doivent être améliorées.

Enfin, l’ASN a demandé à l’exploitant le renforcement de son organisation pour la maîtrise du risque d’incendie. Un plan d’action a été mis en place par l’exploitant.

Par ailleurs, l’ASN a réalisé une analyse préalable du rapport de réexamen transmis en novembre 2017 par l’ILL. L’ASN relève le travail fourni par l’exploitant, notamment sur l’examen de conformité des équipements importants pour la protection des intérêts (EIP) en matière de sûreté et sur l’actualisation du référentiel de sûreté. Toutefois, certaines insuffisances ont été identifiées, en particulier s’agissant de l’analyse de la conformité de son installation aux exigences réglementaires, notamment pour les risques d’agression (incendie, chute d’avion…). Dans ce cadre, l’ASN a demandé à l’exploitant de compléter son dossier afin que l’instruction de ce dossier puisse être poursuivie.

Principales étapes réglementaires

Décret d'autorisation de création n°1 (DAC)

19/06/1969

Mise en exploitation

31/08/1971

DAC n°2 (à la suite d'un arrêt de plus de 2 ans avec changement du "bloc pile")

05/12/1994

Autorisation de remise en service

30/12/1994

Arrêté ministériel de prélèvements d’eau et de rejets d'effluents liquides et gazeux

03/08/2007

Rapport de sûreté (RDS)

05/03/2004

Règles générales d'exploitation (RGE)

2011

Prescriptions techniques (PT)

21/06/2006

Plan d'urgence interne (PUI)

09/12/2010

Plan particulier d'intervention (PPI)

19/12/2006

Etude déchets

25/02/2010

Manuel d’organisation de la qualité

07/08/2009

Les risques

Matières nucléaires

  • Un élément combustible contient 8,6 kg d'uranium 235
    (teneur en uranium de UAl3 = 93%)
  • Produits de fission (activité maxi. = 2 exa Bq)
  • Eau lourde (41 m3)
  • Tritium (7 peta Bq)

Produits chimiques (sous forme de gaz)

Accidents de référence pris en compte dans le PPI

  • Fusion du cœur à l'air
  • Explosion à l'installation de détritiation
  • Fuite de tritium

Date de la dernière mise à jour : 16/05/2019