Livre Blanc du tritium

Publié le 13/07/2010

Pour les professionnels

Le Livre Blanc du tritium est le fruit d’un travail réalisé par deux groupes de réflexion pluralistes créés à l’initiative de l’ASN pour faire le point sur le comportement du tritium dans l’environnement et l’évaluation de l’impact biologique du tritium sur l’homme à la suite des publications des agences environnementales et sanitaires britanniques sur le sujet. Le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène. L’impact global de ses rejets en France est faible : la dose efficace annuelle pour les groupes de référence est inférieure ou de l’ordre du µSv.

Les rejets radioactifs dans l’environnement des installations nucléaires civiles ont fortement diminué au cours des dernières décennies, à l’exception du tritium, dont les perspectives sont à la hausse en raison de l’évolution envisagée du parc électronucléaire et de ses modes de gestion du combustible, ainsi que de nouvelles installations émettrices de tritium, dont la construction de nouveaux réacteurs électrogènes et le projet ITER.

L’objet de ces deux groupes de réflexion était :

  • de traiter les questions relatives à la possible bioaccumulation du tritium dans les différents compartiments biologiques et à l’évaluation des effets sur la santé du rayonnement du tritium. Il était présidé par le Dr. Patrick Smeesters, de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire belge ;
  • d’examiner l’impact des nouvelles installations, les possibilités de réduction à la source du tritium, les possibilités de détritiation et de gestion des déchets tritiés. Il était présidé par M. Roland Masse, de l’Académie des technologies.

Les groupes ont été constitués de scientifiques (CNRS, GSIEN, Institut Curie, IRSN, universités, experts « article 31 » auprès de la Commission européenne), de représentants des exploitants (ANDRA, AREVA, CEA, EDF, ITER), des parties prenantes (ANCCLI, ACRO, CLI) et des Autorités de sûreté (ASN, DSND). Ils ont remis leurs conclusions et recommandations début avril 2010.

Ce Livre blanc présente le plan d’actions de l’ASN. Ce plan est fondé sur la synthèse des travaux des deux groupes de réflexion ainsi que leurs constats et recommandations et les contributions écrites des différents participants. Enfin, l’ASN présente le plan d’actions basé sur ces réflexions qu’elle engage sur le tritium.

L’ASN souligne la qualité des travaux menés qui ont conduit aux recommandations formulées par les groupes de réflexion.
Ces travaux rappellent le faible impact des rejets de tritium en France. Ils mettent aussi en évidence la nécessité de mener des études et recherches complémentaires pour conforter les données et connaissances actuelles sur le comportement du tritium dans l’environnement.
Le plan d’action que l’ASN a décidé d’engager comprend quatre points : méthodes et protocoles de mesure des différentes formes du tritium, maîtrise des rejets par les exploitants d’installations nucléaires, surveillance de l’environnement et évaluation de l’impact du tritium. L’ASN réunira l’ensemble des acteurs concernés pour la mise en œuvre de ce plan. L’ASN souhaite également que les organismes de recherche concernés prennent en compte les recommandations des groupes de réflexion.

Le tritium est présent naturellement dans l’environnement, produit majoritairement par l’action des rayonnements cosmiques sur l’atmosphère. C’est également un des principaux radionucléides émis par les réacteurs nucléaires, par les installations de traitement des combustibles nucléaire usé, des industries ou laboratoires utilisant ce radionucléide et des installations de gestion des déchets. Il est présent dans l’environnement sous plusieurs formes : forme liquide, gazeuse et liée aux molécules organiques. C’est un élément de faible radiotoxicité.

Date de la dernière mise à jour : 28/01/2016