Installations nucléaires de base et leucémies de l’enfant

Publié le 01/04/2011

Pour les professionnels

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) ont rendu public, le 7 novembre 2011, un rapport présentant un état des lieux des connaissances sur les leucémies de l’enfant et sur les nouvelles études et recherches à développer pour améliorer cet état des connaissances.

Le rapport préconise notamment la poursuite et le développement des recherches épidémiologiques en cours sur les risques possibles de leucémie liés aux rayonnements ionisants à faible dose, couplés avec l’étude des expositions à d’autres substances cancérigènes potentielles et des facteurs génétiques associés.

Ce rapport a été établi par le groupe de travail pluraliste (GT) qui avait été chargé en 2008, par l’ASN, la DGS et la DGPR, d’analyser les connaissances disponibles sur le risque de leucémies chez les enfants vivant au voisinage des installations nucléaires de base.

Ce GT avait été constitué en 2008, à la suite de la publication d’une étude allemande faisant état d'un excès de risques de leucémie chez les enfants de la naissance à cinq ans résidant dans un périmètre de 5 km autour des centrales nucléaires allemandes.

Présidé par Madame le professeur Danièle Sommelet[1] et constitué de professionnels de la santé, de représentants de la vie associative, d'experts de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), de l’Institut National de l’Institut National de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM), le groupe a procédé à l’analyse des causes possibles ou suspectées des leucémies de l’enfant et des études en cours au niveau national et international, sans négliger le rôle possible d’autres facteurs pouvant favoriser le développement d’une leucémie. Après une présentation de l’état actuel des connaissances, le rapport montre que ces connaissances ne permettent pas de conclure sur l’existence d’un lien entre les leucémies de l’enfant et la proximité d’une installation nucléaire, bien que certaines études aient montré la présence d’excès possibles.

Outre l’état des lieux des connaissances sur les leucémies de l’enfant, le rapport du groupe pluraliste contient plusieurs recommandations visant à soutenir la recherche et les études épidémiologiques sur les effets des facteurs génétiques et environnementaux potentiels, dont les rayonnements ionisants à faible dose et certaines substances cancérogènes, à préciser les conditions requises pour la poursuite d’investigations épidémiologiques autour des sites nucléaires et renforcer l’information de la population par une communication claire, en dépit des incertitudes scientifiques.

L’ASN, la DGS et la DGPR soulignent les perspectives importantes en termes d’actions qui découlent de ces recommandations :

  • La DGS et l’INCa ont, notamment, inscrit au Plan cancer la création d’un nouveau groupe de travail sur l’information et la communication qui aura pour objectif de mieux comprendre les attentes des populations et de mieux les informer, notamment sur les cancers. Par ailleurs, à la demande de la DGS, l’INCa va définir un programme d’études et de recherches coordonné avec les partenaires concernés. Dans ce cadre, l’Institut a déjà réalisé un état des lieux des actions de santé publique en cours ainsi que des recherches engagées sur le sujet.
  • A l’initiative de l’IRSN, sera effectuée une évaluation des méthodes utilisées dans les études épidémiologiques s’intéressant au risque de leucémies de l’enfant autour des installations nucléaires, avec l’objectif de parvenir à un consensus international sur le plan méthodologique.

L’ASN, la DGS et la DGPR ont décidé de mettre en place un Comité de suivi pluraliste de ces actions avec des représentants de différentes institutions, en y associant des représentants du groupe de travail.

Le rapport du groupe de travail est publié sur les sites internet de l'ASN, la DGS et la DGPR. Il est accompagné d’un avant-propos signé par Mme Danièle Sommelet, présidente du groupe et par M. Unwin, membre du GT et délégué général de l’association « Source Vive ».

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014