Les activités contrôlées dans le domaine médical

Depuis plus d’un siècle, la médecine fait appel, tant pour le diagnostic que pour la thérapie, à des rayonnements ionisants produits par des générateurs électriques ou par des radionucléides en sources scellées ou non scellées.

Les installations et appareils spécifiques

Une gamme étendue d’appareils et d’installations

Les appareils de radiologie utilisés pour le radioguidage sont dotés du mode "scopie" (radioscopie ou fluoroscopie) qui permet de suivre le mouvement. En scopie continue, un maximum d’une trentaine  d’images sont acquises chaque seconde. En scopie pulsée, seulement quelques images (de 2 à 15) sont réalisées par seconde. Ces images dynamiques,  de moindre qualité, restent largement suffisantes pour se repérer, guider les gestes du praticien en continu et permettent ainsi de réduire la dose délivrée au patient.

Salle dédiée de radiologie interventionnelle
Salle dédiée de radiologie interventionnelle

A partir de leur émission par le tube à rayons X, les photons traversent le corps et sont recueillis au niveau du détecteur. En fonction de la densité et de l’épaisseur des tissus traversés, les photons perdent plus ou moins d’énergie dans les tissus, et impactent différemment le détecteur selon leur énergie résiduelle. L’image est reconstituée soit par un amplificateur de luminance soit par un détecteur plan (principe de l’appareil photo numérique).

Les images peuvent également être acquises en "graphie", c’est-à-dire en haute qualité, en prise unique ou répétées (radiocinéma dit "mode ciné"), en particulier pour celles qui seront conservées dans le dossier médical et qui auront valeur de preuve.

Compte tenu de la sophistication des actes, dont la durée et la complexité ne cessent de progresser, la plupart des établissements de santé disposent maintenant de salles spécifiquement dédiées à l’imagerie interventionnelle.

Ces salles sont spécialement équipées (capteurs plans, 2 tubes pour des acquisitions bi-plans, tables numérisées…) et autorisent toutes les possibilités y compris les plus sophistiquées (acquisition en coupe, reconstitution 3 D, fusion d’images etc.).

Appareil mobile de radiologie dans un bloc opératoire
Appareil mobile de radiologie dans un bloc opératoire

A l’inverse, des installations classiques de radiologie peuvent être utilisées et suffire pour réaliser des actes simples et courants de faible durée, par exemple des infiltrations des grosses articulations en rhumatologie. De la même façon, des appareils mobiles de radiologie sont utilisés au bloc opératoire.

Il s’agit le plus souvent de petits amplificateurs de luminance, peu encombrants (arceau de bloc opératoire), aux fonctionnalités réduites mais toutes à fait suffisantes pour se guider ou pour contrôler la bonne implantation du matériel opératoire (en orthopédie par exemple).

Pour répondre aux demandes de précision de l’imagerie au bloc opératoire, des salles hybrides commencent à apparaître. Il s’agit d’un bloc opératoire à part entière, mais équipé avec une table numérisée autorisant les actes interventionnels les plus complexes. De la même façon, des scanners, des cone-beam (CBCT) font également leur apparition au bloc opératoire.

Un catalogue large et disparate de gestes et de techniques, comportant des enjeux très différents de radioprotection.

On recense en médecine environ un millier d’actes "radioguidés", toutes spécialités confondues.

Certains sont très simples et ne nécessitent le plus souvent que quelques secondes de scopie ; ils pourront être réalisés sans inconvénient avec des appareils de radiologie assez rudimentaires. Les infiltrations radioguidées des grosses articulations en rhumatologie, le contrôle post-opératoire d’une plaque vissée en orthopédie, la montée d’une sonde double-J en urologie sont quelques exemples parmi beaucoup d'autres de ces actes à faible enjeu de radioprotection n’excédant pas quelques secondes de scopie.

D’autres actes radioguidés sont à l’inverse très complexes, nécessitant des temps longs de scopie parfois au-delà d’une heure. Ils devront à l’évidence (il s’agit d’une obligation réglementaire en cardiologie interventionnelle et en neuroradiologie interventionnelle) être réalisés avec des appareils sophistiqués, offrant une grande précision de vue et de détail et offrant de nombreuses possibilités de réglage et de fonctionnalités. La pose d’une prothèse fenêtrée de l’aorte par voie fémorale, le remplacement d’une valve cardiaque (TAVI) par voie artérielle, une cure de malformation artério-veineuse cérébrale par neuro-embolisation, la chimio-embolisation d’une tumeur du foie, des angioplasties coronaires complexes (en particulier pour obstruction chronique totale), les plasties complexes des canaux biliaires ou pancréatiques, sont quelques exemples de ces actes à fort enjeu de radioprotection.

Ces actes longs requérant habituellement plus d’une demi-heure de scopie, sont réalisés dans quelques spécialités seulement, principalement par les radiologues (chimio-embolisations, radio-embolisations à l’yttrium 90…), les neuroradiologues interventionnels (neuro-embolisations…), les cardiologues interventionnels (angioplasties coronaires, implantation de valves…), les rythmologues interventionnels (cure de fibrillation auriculaire, implantation de défibrillateurs triples chambres…), les chirurgiens vasculaires (embolisations et prothèses thoraco-abdominales…) et les endoscopistes digestifs (actes longs en particulier en cancérologie digestive).

Date de la dernière mise à jour : 04/05/2017