Exercice de crise nucléaire à Cadarache

Publié le 05/12/2002 à 00:00

Note d'information

Un exercice de crise nucléaire a eu lieu le 5 décembre sur le site nucléaire de Cadarache. Cet exercice a permis de tester l'organisation que mettraient en place le CEA et les pouvoirs publics afin de faire face à un accident nucléaire.

 

L'exercice, qui s'est joué de 9h00 à 16h15 environ, a mobilisé principalement les équipes de crise :
- de la préfecture du département des Bouches-du-Rhône. Le poste de commandement fixe (PCF) a été mis en place à la préfecture et a regroupé les principaux services de l'Etat (pompiers, gendarmerie, DRIRE, DDE, DDASS...). Un poste de commandement opérationnel (PCO) a été activé à Jouques ;
- de la Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR), de son appui technique l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), et de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ;
- de l'exploitant CEA, au niveau national et sur le site de Cadarache.

 

Le scénario a été initié, vers 8h40, par un accident de manipulation d'une barre chargée en plutonium dans le réacteur de recherche Masurca du site de Cadarache. Cet accident de criticité a provoqué le départ d'un feu de sodium. Les aérosols de plutonium et de produits de fission ont amené à une surpression de l'enceinte du réacteur. De faibles rejets radioactifs ont été constatés. Pour ne pas atteindre la limite de dimensionnement de l'enceinte, sa décompression via un filtre de très haute efficacité a dû être entreprise, ce qui a conduit à des rejets plus importants. Vers 11h15, le feu de sodium s'est étouffé, puis la pression dans l'enceinte a fini par ne plus augmenter. Les mesures de protection de population ci-dessous ont dû être prises.

 

La situation accidentelle a mené au déclenchement de la phase réflexe du plan particulier 'intervention, à 9h00. Les populations se trouvant dans un périmètre de 5 km autour du site ont donc été mises à l'abri et des mesures de restriction de la circulation ont été prises dans ce même périmètre. Des mesures fictives de restriction de consommation et de commercialisation pour le lait et les légumes ont, par la suite, été préconisées par l'Autorité de sûreté nucléaire. L'eau potable issue des réseaux alimentés par le canal de la Durance aurait également été interdite à la consommation.

 

L'exercice a pris fin à 16h15.
La situation aurait conduit à classer cet incident auniveau 5 de l'échelle INESqui compte 7 niveaux.

 

Une réunion d'évaluation générale de l'exercice réunissant l'ensemble des représentants des différents acteurs de l'exercice aura lieu le 14 janvier 2003 dans les locaux de la DGSNR à Paris.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017