Evaluation des conséquences sanitaires en France de l'accident de Tchernobyl : synthèse des actions en cours

Publié le 24/04/2003 à 00:00

Note d'information

L'Autorité de sûreté nucléaire fait le point des actions engagées par les pouvoirs publics pour poursuivre l'évaluation des conséquences sanitaires en France de l'accident qui s'est produit le 26 avril 1986 à la centrale nucléaire Ukrainienne de Tchernobyl.

 

Cartographie de la contamination du territoire français

 

Le ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées et la ministre de l'Ecologie et du Développement Durable ont confirmé en août 2002 leur intérêt pour la mission confiée par leurs prédécesseurs au Professeur André Aurengo qui anime un groupe de travail chargé d'établir, à partir des données existantes, une cartographie de la contamination du territoire français à la suite de l'accident de Tchernobyl. Les ministres ont, de plus, demandé qu'une appréciation soit portée sur les incertitudes de l'étude qui sera ainsi réalisée.

 

Le Pr Aurengo a composé un groupe de travail réunissant des représentants de différents instituts (l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire –IRSN-, l'Institut de veille sanitaire –InVS-), d'associations, du monde médical et scientifique, du conseil national de la consommation, de Météo France et des journalistes.

 

Le groupe de travail a commencé à fonctionner en janvier 2003. Il doit rassembler les données existantes et apprécier leur cohérence ; il doit examiner les modèles permettant de reconstituer le niveau de contamination de l'ensemble du territoire français en 1986 et s'assurer de leur validation ; enfin, il doit se prononcer sur le mode d'utilisation de ces informations afin de reconstituer les doses et les risques correspondants pour la population française. Le rapport final élaboré par le groupe de travail sera rendu public d'ici la fin de l'année 2003.

 

Etude épidémiologique en Corse

 

En 2001, une campagne de mesures a été réalisée en Corse par l'ex-Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI) et l'ex-Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN). Ses résultats ont été présentés publiquement à Ajaccio en janvier 2002. En parallèle, l'Observatoire Régional de la Santé, en collaboration avec l'InVS, mène une étude épidémiologique sur l'évolution de l'incidence des cancers de la thyroïde en Corse au cours des dernières années ; les résultats devraient en être présentés fin 2003.

 

Etudes épidémiologiques sur l'ensemble du territoire français

 

Enfin, les travaux de mise en place des études épidémiologiques demandées à l'InVS par le ministre délégué à la santé en mars 2001 se poursuivent. L'étude d'une relation éventuelle entre l'augmentation des cancers de la thyroïde enregistrée en France depuis plus de 20 ans et les retombées de l'accident de Tchernobyl constitue l'un des objectifs de ce travail. Dans cette perspective, le principe d'une étude épidémiologique de type cas-témoin dont le but principal est d'améliorer la connaissance des facteurs de risque des pathologies thyroïdiennes en France, en prenant en compte la problématique de l'accident de Tchernobyl, a été retenu par l'InVS en partenariat avec l'INSERM.

 

Pour préparer ce projet, l'InVS avait produit, en novembre 2001, un rapport intermédiaire* dans lequel il dressait l'analyse de la situation épidémiologique actuelle du cancer de la thyroïde en France. Parallèlement, avec le soutien d'un groupe multidisciplinaire, l'Institut avait émis des recommandations pour la mise en place d'un dispositif national de surveillance des cancers thyroïdiens publiées dans un rapport final* en octobre 2002. En 2003, l'InVS va tester tant au niveau national que régional le système de surveillance préconisé dans ce dernier rapport.

 

*Ces rapports sont disponibles sur le site http://www.invs.sante.fr

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017