L’ASN a mené une inspection de revue sur la conformité des activités d’étude et de construction du réacteur n°3 de type "EPR" à Flamanville

Publié le 07/07/2011 à 10:30

Note d'information

Une équipe constituée de dix inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), quatre agents de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et d’un observateur de l’Autorité de sûreté britannique (ONR) a effectué le 1er mars et les 9 et 10 mai 2011 une inspection dite « de revue » sur les activités d’étude et de réalisation du réacteur EPR de la centrale de Flamanville.

Cette inspection a été menée pour vérifier l’application des mesures de l’arrêté du 10 août 1984 (dit « arrêté qualité ») sur ces activités, confiées par EDF à AREVA. EDF, exploitant du réacteur EPR de la centrale de Flamanville, est responsable de la sûreté de ses installations. EDF doit en conséquence définir et mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires afin de répondre aux exigences fixées par l’arrêté.

Les objectifs de cette inspection approfondie (pour rappel, une « inspection de revue » équivaut à environ douze inspections courantes) étaient :

  • de vérifier les dispositifs organisationnels, techniques et d’amélioration continue mis en place par EDF pour la construction de ce réacteur (visite introductive du 1er mars 2011) ;
  • d’évaluer leur application concrète sur le terrain (6 inspections menées les 9 et 10 mai 2011, l’équipe d’inspection étant répartie en 6 groupes).

Ces inspections se sont déroulées sous forme d'examens de documents, de visites dans les ateliers des sous-traitants ou encore d'entretiens avec des employés d’EDF et de ses sous-traitants. Des inspections ont notamment eu lieu dans les locaux d’AREVA et dans ceux de certains de ses sous-traitants. Elles ont porté sur :

  • la réalisation des études menées pour démontrer la sûreté de l’installation (études d’accident) ;
  • la fabrication de composants particulièrement sensibles pour la sûreté, comme les accumulateurs du système d’injection de sécurité (RIS) ou de composants spécifiques au réacteur EPR, comme les filtres, implantés dans l’IRWST[1], des systèmes RIS et EVU[2] ou les internes de cuve ;
  • la fabrication d’éléments considérés comme « classiques » par rapport au parc en exploitation (limiteurs de débit, diaphragmes ou câbles électriques).

Au terme de cette inspection de revue, les inspecteurs ont conclu à l’existence de mesures adaptées, qui répondent aux exigences fixées par « l’arrêté qualité ». Ils ont observé par ailleurs que ces mesures étaient déclinées dans toute la chaîne de sous-traitance. Toutefois, plusieurs faiblesses ont été identifiées ; elles ont conduit les inspecteurs à demander à EDF qu’aucune action irréversible ne soit engagée pour les venturis DN500 du système ARE, des filtres de l’IRWST et les accumulateurs RIS avant que la qualité de la fabrication de ces matériels, requise pour la sûreté des installations, n’ait été démontrée. D’autres écarts ont en outre été relevés : ils concernent notamment l’identification des activités importantes pour la sûreté des installations, la définition des exigences et des conditions préalables pour engager ces activités, ainsi que leur surveillance par EDF.

L’ensemble des demandes d’actions correctives et des observations formulées par l’ASN a fait l’objet d’une lettre de suite d’inspection disponible sur le site www.asn.fr.

[1] L’IRWST (In containment refueling water system tank) est la piscine du système RIS, localisée en partie inférieure du bâtiment réacteur.

[2] Le système EVU permet l’évacuation ultime de la chaleur du bâtiment réacteur en situation d’accident grave.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017