Projet de réacteur ASTRID : l’ASN demande un niveau de sûreté au moins équivalent à celui de l’EPR et le test de dispositions de sûreté renforcées pour préparer une éventuelle future génération de réacteur

Publié le 17/04/2014 à 09:30

Note d'information

Actuellement dans sa phase de conception, le projet de réacteur ASTRID[1] s’inscrit, pour le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), dans le cadre de la préparation des réacteurs de quatrième génération. Pour l’ASN, cette nouvelle génération de réacteurs devra apporter un gain de sûreté significatif par rapport à la troisième génération de réacteurs de type « EPR » et à ce titre, ASTRID, prototype de cette filière, devra permettre de préparer et tester des options et dispositions de sûreté renforcées.  Pour l’ASN, ASTRID doit avoir un niveau de sûreté au moins équivalent à celui exigé pour les réacteurs les plus récents (génération 3) et prendre en compte tous les enseignements tirés de l’accident de Fukushima.

En juin 2012, le CEA a transmis à l’ASN un document d’orientation de sûreté. Ce document présente les grands axes de sûreté que l’exploitant envisage pour la conception d’ASTRID ; il précède la transmission éventuelle à l’ASN d’un « dossier d’options de sûreté », prévu par la réglementation des installations nucléaires de base[2].

La transmission d’un document d’orientation de sûreté par le CEA anticipe les procédures réglementaires qu’il conviendra de respecter (demande d’autorisation de création d’une INB notamment) mais elle permet d’identifier dès à présent certains enjeux de sûreté déterminants dans la conception d’ASTRID. L’ASN prendra position sur la sûreté de ce projet aux étapes ultérieures du processus réglementaire : celle-ci devra être justifiée et détaillée dans le cadre d’un éventuel dossier d’options de sûreté, puis du dossier de demande d'autorisation de création à déposer par l’exploitant.

L’ASN a aussi rappelé au CEA les éléments réglementaires et les démonstrations qu’il conviendra d’apporter dans la suite de la procédure, pour qu’elle prenne position sur la sûreté du projet de réacteur ASTRID.

Au terme de son analyse du document d’orientation de sûreté transmis par le CEA, et après avoir recueilli l’avis du groupe permanent d’experts « réacteurs » sur ce document, l’ASN considère que les orientations présentées dans ce document tiennent compte, à ce stade, de façon satisfaisante du retour d’expérience d’exploitation de la filière des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium dans le monde, ainsi que des conclusions des examens de sûreté réalisés en France sur les réacteurs de ce type.

L’ASN n’a pas d’objection à la poursuite de son projet par le CEA, sur la base des orientations qu’il a proposées, et sous réserve du respect des engagements pris par le CEA dans le cadre de l’instruction, et de la prise en compte des demandes formulées dans le courrier de l’ASN.

Ces demandes concernent principalement :

  • la précision des objectifs associés au réacteur ASTRID, notamment le rôle de démonstrateur de sureté et de mise en œuvre de la transmutation des actinides mineurs ;
  • les fonctions de sûreté (maîtrise de la réactivité, refroidissement, barrières de confinement…) et les risques spécifiques liés à cette filière ;
  • la prise en compte des risques de rejets toxiques, notamment ceux liés au sodium, et les méthodes d’analyse de sûreté associées, pour permettre d’obtenir un niveau de risque aussi bas que possible ;
  • la prise en compte des agressions, notamment dans le cadre du retour d’expérience de l’accident de Fukushima ;
  • les programmes de recherche et développement nécessaires.
En savoir plus

Consulter le courrier de l’ASN adressé au CEA

1. « Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration »

2. Chapitre I du décret « Procédures INB » du 2 novembre 2007 relatif aux INB et au contrôle en matière de sûreté nucléaire et de transport de substances radioactives

Date de la dernière mise à jour : 01/06/2017