Prise de position du collège de l’ASN : « Quel niveau de sûreté pour les nouveaux réacteurs nucléaires construits dans le monde ? »

Publié le 06/07/2010 à 15:33

Communiqué de presse

Dans un contexte de regain de projets de construction de réacteurs nucléaires dans le monde, l’association WENRA (Western European Nuclear Regulators’Association), qui regroupe les 17 responsables des Autorités de sûreté nucléaire d’Europe de l’Ouest, travaille à l’harmonisation des objectifs de sûreté des nouveaux réacteurs. Elle vient de proposer des objectifs de sûreté pour les nouveaux réacteurs électro-nucléaires construits en Europe.

Les objectifs affichés par WENRA sont parfaitement cohérents avec ceux fixés par l’ASN pour les nouveaux réacteurs tels qu’EPR.

La définition des objectifs de sûreté pour ces nouveaux réacteurs par l’ASN, conjointement avec l’Autorité de sûreté allemande, date de 1993. L’ASN inscrit son action dans une démarche permanente d’amélioration de la sûreté en fonction des possibilités offertes par la technique. Dès 2003 le directeur général de la sûreté nucléaire et de la radioprotection affirmait devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques :

« Il est évident que nous avons demandé davantage en exigences de sûreté pour le réacteur EPR que pour les réacteurs précédents. Je peux le traduire de façon plus abrupte : nous n’autoriserions pas actuellement la construction d’un réacteur N4.» Les réacteurs N4 sont les derniers réacteurs construits en France, à Chooz et à Civaux.

Les objectifs de sûreté que l’ASN a définis pour les nouveaux réacteurs, tels qu’EPR, ont pris en compte l’accident de Three Mile Island en 1979 et la catastrophe de Tchernobyl en 1986 qui ont montré que les accidents graves ne relèvent pas d’une réflexion théorique et formelle.

Ces objectifs comportent en particulier par rapport aux réacteurs en exploitation :

- la réduction du risque d’accident avec fusion du cœur

- la réduction, en cas de fusion du cœur, des rejets radioactifs dans l’environnement, d’où notamment la présence d’un récupérateur de corium sur EPR.

A la suite des événements du 11 septembre 2001, l’objectif de résistance aux chutes d’avion a été renforcé.

L’une des préoccupations majeures de l’ASN est l’harmonisation par le haut de la sûreté nucléaire et de la radioprotection dans le monde. Nous ne voulons pas d’une sûreté à 2 vitesses et nous continuons à promouvoir au niveau européen et international des objectifs de sûreté qui prennent en compte les leçons de Three Mile Island, de Tchernobyl et du 11 septembre 2001. Face à des projets d’exportation de réacteurs ne répondant pas à ces objectifs de sûreté, l’ASN n’hésitera pas à dire que de tels réacteurs ne pourraient pas être construits en France.

Le collège de l'ASN,

Signé par :

André-Claude LACOSTE Marie-Pierre COMETS Jean-Rémi GOUZE Michel BOURGUIGNON Marc SANSON

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017