Imagerie médicale : l’ASN contribue à une harmonisation des pratiques au plan international

Publié le 06/04/2010 à 17:29

Note d'information

A l’occasion d’un colloque organisé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du 1er au 3 mars 2010 auquel l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a participé, les représentants de 23 organisations internationales et sociétés savantes se sont mis d’accord sur une « feuille de route » visant à la fois à établir un référentiel international de bonnes pratiques en matière d’imagerie médicale et à en faciliter la mise en œuvre. La « feuille de route » prévoit également un contrôle et une évaluation de l’impact de cette démarche selon les différentes situations cliniques.

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L’imagerie médicale est employée de façon croissante pour établir le diagnostic d’une grande variété de maladies, réaliser le suivi des traitements ou en permettre le traitement direct. Les données internationales disponibles montrent une très nette augmentation des doses moyennes délivrées [1] dans le domaine de l’imagerie médicale, en particulier en scanographie et en radiologie interventionnelle.

Les expositions médicales des patients aux rayonnements ionisants deviennent la première source d’exposition de la population. Elles dépassent les expositions d’origine naturelle. Dans ces conditions, le recours à l’imagerie médicale doit être justifié [2] par des nécessités médicales clairement établies et sa pratique doit être optimisée [3] pour améliorer la radioprotection des patients et du personnel médical.

Le colloque de mars 2010 fait suite à l'initiative mondiale de l’OMS « Radioprotection et traitement médicaux » lancée en décembre 2008.

En France, le « Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale », publié en 2005, est en cours de révision pour prendre en compte l’évolution des techniques, mieux hiérarchiser les examens entre eux et indiquer quand les techniques non irradiantes doivent être utilisées préférentiellement, en particulier quand l’IRM doit être préférée au scanner. Cette révision est réalisée conjointement par la Société Française de Radiologie, la Société Française de Médecine Nucléaire, la Haute Autorité de santé et l’ASN Elle contribuera à l’élaboration du référentiel de bonnes pratiques au niveau international préconisé par l’OMS.

[1] En France, l’IRSN et l’InVS indiquent une dose moyenne d’origine médicale de 1,3 mSv/an.habitant en 2007 contre 0,8 mSv/an.habitant en 2002. Les valeurs sont aux USA et au Japon respectivement 3 et 5 fois supérieures.

[2] La radioprotection des personnes exposées à des fins médicales repose sur deux principes de nature réglementaire : la justification des actes et l’optimisation des expositions, sous la responsabilité des praticiens demandeurs d’examens d’imagerie médicale exposant aux rayonnements ionisants et des praticiens réalisateurs de ces actes. Ces principes couvrent l’ensemble des applications diagnostiques ou thérapeutiques des rayonnements ionisants, y compris les examens radiologiques demandés dans le cadre de dépistage, de la médecine du travail, de la médecine sportive ou dans un cadre médico-légal.

[3] En imagerie médicale (radiologie et médecine nucléaire), l’optimisation consiste à délivrer la dose la plus faible possible, compatible avec l’obtention d’une image de qualité, c’est-à-dire qu’apporte l’information diagnostique recherchée.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017