Fort de Vaujours (77-93) : l’ASN conditionne la reprise des travaux de démolition à la réalisation de nouveaux contrôles radiologiques

Publié le 06/05/2015 à 10:30

Note d'information

Après avoir rendu un avis le 13 mai 2014 demandant à la société Placoplâtre de préciser son programme de surveillance radiologique, l’ASN a rendu le 20 mars 2015 un nouvel avis sur le protocole modifié par la société Placoplâtre. L’ASN recommande dans cet avis la réalisation de nouveaux contrôles avant la reprise des travaux de démolition des 215 bâtiments restants de l’ancien site du CEA situé sur le Fort de Vaujours1.

Le nouveau protocole de suivi radiologique établi par la société Placoplâtre a été transmis à l’ASN le 27 octobre 2014. Ce protocole définit les modalités de radioprotection, de surveillance de l’environnement et d’évacuation des déchets envisagées par Placoplâtre pour les opérations de démolition de bâtiments. A la suite de l’examen du programme de surveillance radiologique par l’IRSN, qu’elle a saisi, l’ASN a rendu le 20 mars 2015 aux préfets de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis un avis technique considérant que Placoplâtre devait s’engager sur l’ensemble de ses demandes afin de garantir la radioprotection des travailleurs et de l’environnement au cours des opérations prévues.

Bâtiments et aires extérieures

Dans son avis du 20 mars 2015, l’ASN observe que les informations sur l’historique d’exploitation des bâtiments fournies par Placoplâtre apportent un éclairage utile sur les bâtiments auxquels une attention plus particulière doit être portée. Au terme de l’analyse de cet historique et des données transmises par Placoplâtre, l’ASN considère que seul un écroutage2 systématique des surfaces intérieures des postes de tirs est de nature à garantir l’absence de contamination résiduelle. En outre, une incertitude subsiste concernant la contamination éventuelle des surfaces externes de bâtiments, ainsi que des aires extérieures ayant pu être exposées aux tirs à l’air libre. C’est pourquoi l’ASN recommande que des mesures radiologiques complémentaires soient réalisées préalablement à la démolition, non seulement sur des surfaces externes de bâtiments et des zones à proximité des postes de tirs, mais également sur certaines surfaces de bâtiments situés à l’extérieur du fort central.

L’ASN recommande par ailleurs de faire appel à une contre-expertise indépendante pour le suivi des opérations de caractérisation ou d’assainissement qui seront réalisées.

Déchets et matériaux de démolition

En matière de gestion des déchets et des matériaux de démolition, l’ASN considère qu’il convient de diriger l’ensemble des déchets issus de l’écroutage des postes de tirs et, d’une manière générale, l’ensemble des déchets issus de zones de contamination identifiées vers la filière d’élimination des déchets de très faible activité.

Du point de vue du risque radiologique, l’ASN n’a pas d’objection à l’envoi des matériaux issus de la démolition des bâtiments vers une filière conventionnelle dès lors que des travaux d’assainissement auront garanti la suppression des points de contamination pouvant subsister, et que les résultats des contrôles réalisés le confirmeront.

L’ASN observe enfin que les résultats des évaluations d’impact, réalisées pour les travailleurs et le public, concluent à des doses de radioactivité susceptibles d’être reçues très faibles voire négligeables. A titre de précaution et de limitation des doses, l’ASN rappelle toutefois l’importance de la mise en œuvre de dispositions de protection pour les travailleurs et souligne l’intérêt d’une surveillance environnementale du site.

L’avis de l’ASN fera l’objet d’une présentation lors d’une prochaine réunion de la Commission de suivi de site (CSS) instaurée par l’arrêté interpréfectoral n°2014/DCSE/007 du 18 juin 2014.

1. Le Fort de Vaujours, situé sur les communes de Vaujours (93) et de Courtry (77), fut exploité de 1955 à 1997 par le CEA pour l’expérimentation d’armements pyrotechniques et nucléaires utilisant notamment de l’uranium naturel et appauvri. A l’issue de cette période d’exploitation, le CEA a conduit, de 1996 à 1998, puis de 2001 à 2002, des opérations de démantèlement et d’assainissement des bâtiments et des sols susceptibles d’avoir fait l’objet d’une contamination. En 2010, la société Placoplâtre a acquis une partie du site et y projette l’exploitation d’une carrière destinée à approvisionner son usine de transformation de gypse, également située à Vaujours. Préalablement à ce projet, Placoplâtre a commencé la démolition des anciens bâtiments du site, opération pour laquelle elle dispose de permis de démolir obtenus en 2012 auprès des mairies de Vaujours et de Courtry.

2. Élimination par grattage de la surface d’une paroi.

Date de la dernière mise à jour : 18/09/2017