Conférence de presse de Lyon : en 2018, le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste globalement satisfaisant

Publié le 20/06/2019 à 10:30

Communiqué de presse

A l’occasion de la parution du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur l’état de sûreté nucléaire et de la radioprotection en France, la division territoriale de Lyon de l’ASN présente les conclusions des actions de contrôle qu’elle a menées tout au long de l’année 2018 en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le contrôle des installations nucléaires

Centrale du Bugey

L’ASN considère que les performances de la centrale nucléaire du Bugey en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale des performances portée par l’ASN sur le parc des centrales EDF. Toutefois, l’ASN a relevé des points de faiblesse dans le domaine de protection de l’environnement et de la maîtrise des risques liés à l’incendie.

Centrale de Saint-Alban / Saint-Maurice

Les performances de la centrale nucléaire de Saint‑Alban/Saint‑Maurice en matière de sûreté nucléaire et de protection de l’environnement, rejoignent l’appréciation générale des performances portée sur le parc des centrales EDF. Ses performances en matière de radioprotection se distinguent quant à elles positivement au regard des autres installations du parc EDF.

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse

L’ASN considère que les performances globales de la centrale nucléaire de Cruas‑Meysse sont en retrait par rapport à l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur le parc des centrales EDF. L’ASN a notamment relevé des lacunes en matière d’incendie, de gestion des arrêts des réacteurs et de protection de l’environnement.

Centrale nucléaire du Tricastin

Pour l’ASN, les performances globales de la centrale nucléaire du Tricastin en matière de sûreté nucléaire, de protection de l’environnement rejoignent globalement l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur EDF. L’ASN considère en revanche que les performances en matière de radioprotection sont en retrait par rapport à la moyenne nationale.

Autres installations

Usines Framatome de fabrication de combustibles nucléaires

Framatome a maintenu en 2018 ses efforts en matière de rigueur d’exploitation et a mis en œuvre un programme ambitieux de travaux au sein des deux installations. En 2018, le site a notamment poursuivi le renforcement des effectifs dans les domaines suivants : sûreté, conduite des projets, contrôles réglementaires et surveillance des prestataires.

Compte‑tenu des améliorations significatives réalisées par le site en matière de management de la sûreté, d’organisation et de rigueur d’exploitation, l’ASN a décidé en mai 2018 de lever le dispositif de surveillance renforcée de ce site, qui avait été mis en place en 2014.

Comurhex 2

En 2018, les essais des nouvelles unités de production du projet Comurhex 2, regroupant les installations de conversion de tétrafluorure d’uranium (UF4) en hexafluorure d’uranium (UF6), se sont poursuivis, avec l’introduction d’UF4 dans les circuits de l’usine à l’automne. Les inspections menées ont montré que les processus de validation avant la mise en service des nouvelles installations étaient globalement satisfaisants mais devaient être appliqués de façon plus rigoureuse. L’ASN a également relevé un manque de rigueur dans les premières activités d’exploitation.

Le réacteur à haut flux de l’Institut Laue‑Langevin

L’ASN estime que cette installation de recherche est gérée de façon assez satisfaisante. Toutefois, l’ASN attend encore des améliorations concernant le processus de gestion des modifications matérielles de l’installation, les insuffisances qu’elle a relevées l’ayant conduite, en février 2018, à mettre en demeure l’ILL de se conformer à la réglementation en vigueur sur le sujet.

Si l’ASN a relevé un travail de l’ILL concernant son nouveau processus de gestion des écarts, la persistance des difficultés relatives à l’organisation de l’exploitation ont conduit l’ASN à demander des actions d’amélioration sur divers sujets (culture de sûreté, formation et sensibilisation des équipes, contrôle et surveillance des intervenants).

Les installations du cycle du combustible nucléaire du Tricastin

Le niveau de sûreté des installations du cycle du combustible nucléaire a progressé, notamment grâce à l’arrêt progressif des installations les plus anciennes, à la mise en service d’installations présentant des standards de sûreté réévalués et à la fin des travaux rendus nécessaires par le retour d’expérience de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima. L’ASN a organisé en 2018 une inspection de revue qui a permis de constater que l’organisation et les moyens de gestion de crise du site, mutualisés, permettent de gérer une situation d’urgence quelle que soit l’installation accidentée. La présence d’une force d’intervention locale, son organisation, les moyens dont elle dispose et sa qualité d’intervention constituent autant d’atouts dans l’organisation de gestion de crise.

En revanche, Orano Cycle doit améliorer le suivi des engagements pris auprès de l’ASN et renforcer la surveillance des prestataires. Les transports de substances radioactives, qui sont désormais organisés de façon centralisée, sont gérés de façon satisfaisante.

A noter : dans une logique de simplification de l’organisation juridique du groupe Areva, un processus de fusion des filiales présentes sur le site du Tricastin avait été engagé en 2012. Orano Cycle, anciennement Areva NC, est donc désormais l’exploitant de l’ensemble des installations du cycle sur le site.

Les installations en démantèlement

Le réacteur Superphénix et l’atelier pour l’entreposage des combustibles

La sûreté des opérations de démantèlement du réacteur Superphénix et de fonctionnement de l’APEC (atelier pour l’entreposage des combustibles) est globalement satisfaisante. Des difficultés d’approvisionnement de certains équipements obsolètes par EDF à la suite de pannes matériels ont conduit l’ASN à demander à l’exploitant d’établir un plan d’action pour la gestion de l’obsolescence.

Le réacteur Bugey 1

Les opérations de démantèlement du réacteur Bugey 1 se déroulent dans des conditions de sûreté satisfaisantes. Toutefois, EDF a proposé à l’ASN de reporter les opérations principales de démantèlement, ce qui conduirait à décaler de plusieurs décennies le démantèlement du réacteur et à ne plus respecter le délai de démantèlement fixé par son décret (2027), ainsi que le principe d’un démantèlement « dans un délai aussi court que possible ».

L’installation d’enrichissement de l’uranium Eurodif 

Les enjeux du démantèlement concernent le volume de déchets TFA produits et la durée du démantèlement. À la suite des opérations préparatoires à la mise à l’arrêt définitif et au démantèlement de l’usine Eurodif, qui ont été menées depuis 2017, l’ASN a autorisé, en août 2018, le passage des installations arrêtées vers une phase d’attente, sous surveillance, qui doit durer jusqu’au lancement des premières opérations de démantèlement, prévues à l’horizon 2028. L’ASN s’est préalablement assurée, notamment par différentes inspections, que les installations étaient dans un état sûr.

Domaine médical

L’ASN considère que l’état de la radioprotection est resté stable en 2018, avec une prise en compte de la radioprotection par les professionnels globalement satisfaisante, à l’exception des pratiques interventionnelles radioguidées.

Le nombre d’événements significatifs en radioprotection (ESR) déclarés à l’ASN en 2018 a globalement augmenté mais ceux-ci sont sans conséquence clinique attendue.

La persistance en 2018, au niveau national, d’événements en radiothérapie classés au niveau 2, récurrents dans leur nature (erreur de dose ou erreur de latéralité par exemple), exige une analyse approfondie de leurs causes et un renforcement des actions de prévention.

En savoir plus :

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L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, assure, au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de sociétés éclairés. Le rapport de l’ASN sur l’état de sûreté nucléaire et de radioprotection en France en 2018 est téléchargeable en ligne

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Contacts :
Evangelia PETIT, chef du service presse : evangelia.petit@asn.fr // 01 46 16 41 42
Laetitia TYREL de POIX, agence Equancy : ltyreldepoix@equancy.com // 01 45 64 43 11

Date de la dernière mise à jour : 20/06/2019