Suspicion d'irradiation de travailleurs à l'usine Montupet de Laigneville (60)

Publié le 29/10/2018

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été informée, le 24 septembre 2018, de l’irradiation potentielle de six travailleurs de l’usine Montupet, qui fabrique des pièces pour l’industrie automobile, à Laigneville dans l’Oise (60).

Cet événement, survenu le 24 septembre, concerne un local de travail équipé d’un appareil électrique émettant des rayonnements X, destiné à effectuer des radiographies de pièces produites dans l’usine pour y détecter d’éventuels défauts de fabrication. À la suite d’un dysfonctionnement de l’appareil, la porte d’accès au local a été ouverte afin de permettre une intervention de l’équipe de maintenance. Six travailleurs participaient à cette opération de maintenance ; l’un d’entre eux était à l’intérieur du local de travail lorsque, porte ouverte, l’appareil a émis des rayonnements X pendant une durée estimée à cinq minutes. Deux travailleurs situés aux abords du local de travail étaient équipés de dosimètre au moment de l’exposition. Ces dosimètres sont à lecture différée et nécessitent un développement spécifique pour donner une indication des doses de rayonnement reçues.

L’ASN a mené une inspection liée à cet événement le 26 septembre 2018. Les inspecteurs étaient accompagnés de trois experts de l’IRSN, missionnés pour une reconstitution dosimétrique. L’inspection a révélé une absence de préparation préalable de l’opération de maintenance, l’existence de consignes de sécurité rédigées en anglais, des incohérences dans l’affichage du zonage radiologique et des défauts d’ergonomie des signalisations lumineuses destinées à indiquer que des rayonnements sont en cours d’émission.

Par ailleurs, l’inspection a mis en évidence un défaut de conception du contacteur de porte du local de travail, qui n’était pas à sécurité intrinsèque positive. Alors qu’il était hors d’usage lors de l’intervention de l’équipe de maintenance, la production de rayonnements X n’a pas été empêchée alors que la  porte d’accès au local abritant l’équipement était ouverte. L’ASN attire donc l’attention des utilisateurs de telles installations sur le fait qu’elles doivent être équipées d’un contacteur à sécurité positive, ou tout autre dispositif équivalent, empêchant, en toutes circonstances, la production des rayonnements X en cas d’ouverture d’un accès au local. Le bon état et le bon fonctionnement de ces dispositifs de sécurité doivent être vérifiés périodiquement.

L’ASN rappelle par ailleurs que tout local de travail à l’intérieur duquel sont utilisés des appareils électriques émettant des rayonnements X doit être conforme à la décision n° 2017-DC-0591 de l’ASN.

Sur la base  des mesures réalisées lors de l’inspection, des caractéristiques de l’installation et des résultats du développement des dosimètres à lecture différée, l’IRSN a retenu l’hypothèse selon laquelle l’obturateur de l’appareil électrique émettant des rayonnements X était en position fermée et conclut à une exposition potentielle des agents à des niveaux de dose très faibles, de l’ordre du microsievert. L’ASN a classé cet événement au niveau 0 sur l’échelle INES des événements relatifs à la radioprotection (graduée de 0 à 7 dans l’ordre croissant de gravité).

Publié le 16/10/2017

Décisions réglementaires de l'ASN

Décision n° 2017-DC-0591 de l'ASN du 13 juin 2017

Décision n° 2017-DC-0591 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 13 juin 2017 fixant les règles techniques minimales de conception auxquelles doivent répondre les locaux dans lesquels sont utilisés des appareils électriques émettant des rayonnements X

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 29/10/2018