Réalisation incomplète d’un contrôle de bon fonctionnement des grappes de commande de 28 réacteurs de 900 MWe d’EDF

Publié le 15/10/2020

Centrale nucléaire du Blayais - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Centrale nucléaire de Chinon B - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Centrale nucléaire de Gravelines - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Centrale nucléaire du Tricastin - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 2 septembre 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la réalisation incomplète d’un contrôle de bon fonctionnement d’un groupe de huit grappes de commande des réacteurs de 900 MWe des centrales nucléaires de Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin.

Ce groupe de huit grappes[1] assure, en fonctionnement normal, par son insertion plus ou moins importante dans le cœur, la régulation de la température moyenne du circuit primaire du réacteur et participe au contrôle de la distribution de puissance dans le cœur.

Lors de certains scénarios accidentels, l’extraction de ce groupe de huit grappes doit pouvoir être bloquée. En cas de mauvais fonctionnement du dispositif de blocage, ces scénarios accidentels pourraient conduire à l’endommagement du combustible à la suite de l’augmentation de puissance qui en résulterait dans certaines parties du cœur.

A l’occasion de la réalisation d’un essai périodique du système de protection d’un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines en septembre 2019, EDF a constaté que l’essai ne permettait pas de vérifier complètement l’exigence associée au blocage de ces grappes. 

Après analyse, EDF a conclu que cette exigence de la démonstration de sureté n’a jamais été vérifiée sur les réacteurs des centrales nucléaires de Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin depuis 2006. Le même écart avait déjà été relevé et corrigé pour la centrale nucléaire du Bugey en 2008.

EDF a réalisé en juillet et août 2020 un essai sur tous les réacteurs concernés, à l’exception du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Chinon actuellement à l’arrêt et pour lequel l’essai aura lieu avant son redémarrage. Les résultats des essais réalisés sont tous conformes à l’attendu.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Compte tenu de ses conséquences potentielles, de l’absence de prise en compte du retour d’expérience de l’évènement survenu à la centrale nucléaire du Bugey en 2008, et du délai important pour évaluer l’importance de l’écart détecté en 2019 à la centrale nucléaire de Gravelines, cet événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) pour les 28 réacteurs concernés.

[1] Les réacteurs nucléaires sont équipés de plus de 50 grappes de commandes qui sont réparties en groupes. Elles permettent de contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur. Ces grappes de commande contiennent des matériaux absorbant les neutrons.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 15/10/2020