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Présence d’humidité en excès dans des bouteillons de poudre d’uranium enrichi

Publié le 18/06/2014

Usines de fabrication de combustibles nucléaires Areva NP (Romans-sur-Isère) - Fabrication de substances radioactives - FBFC

La société AREVA FBFC a déclaré le 16 juin 2014 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif à la présence d’humidité en excès dans des bouteillons de poudre d’uranium enrichi dans son usine de fabrication de combustible située sur la commune de Romans-sur-Isère (Drôme).

Cet incident a concerné l’installation nucléaire de base dédiée à la fabrication d'éléments combustibles standards utilisés dans les réacteurs à eau sous pression. La matière nucléaire utilisée dans cette installation est de l'uranium enrichi à un taux maximal de 5%.

Les presses de fabrication des pastilles d’uranium utilisées dans les éléments combustibles sont munies d’une ventilation de procédé qui comporte deux dispositifs de récupération des poussières d’uranium présentes dans le flux d’air, appelés des cyclofiltres. A la suite de la suspicion de présence d’humidité dans l’installation d’air comprimé, AREVA FBFC a réalisé une campagne de mesure de l’humidité dans les bouteillons de poudre d’uranium présents dans l’installation. Il a alors été constaté, le 10 juin 2014, que le taux d’humidité de la poudre d’uranium enrichi récupérée dans les deux bouteillons en sortie des deux cyclofiltres était supérieur à la valeur maximale de 3% exigée par les règles générales d’exploitation de l’installation. En effet, afin de prévenir les risques de criticité[1], le taux d’humidité présent dans les matières fissiles est limité.

Après la détection de cet événement, l’exploitant a arrêté les équipements concernés et a engagé :

  • des analyses sur les bouteillons des autres cyclofiltres de l’installation ;
  • des investigations sur l’origine de l’humidité détectée dans les bouteillons issus des cyclofiltres raccordés à la ventilation des presses de fabrication des pastilles d’uranium.

Au vu de l’enrichissement limité à 5% de la poudre d’uranium, des quantités de poudres présentes dans les bouteillons, de l’éloignement des bouteillons des cyclofiltres entre eux et du taux d’humidité mesuré, tout risque d’accident de criticité est écarté. Toutefois, l’exploitant ne peut pas exclure que cette situation se soit déjà produite pour d’autres bouteillons issus des cyclofiltres. En outre, cet événement n’a pas été détecté par les actions de vérification de la conformité des bouteillons produits par les cyclofiltres, conduites à la suite de précédents événements.

En raison du dépassement d’une limite de sûreté relative à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des évènements nucléaires) qui en compte 8.

[1] Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaine lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 18/06/2014