Perte de confinement de deux colis de matières radioactives ayant conduit à une contamination à l’extérieur d’un bâtiment d’entreposage

Publié le 22/11/2018

Usines Orano Cycle de fluoration de l’uranium - Transformation de substances radioactives - Comurhex

Orano Cycle a déclaré à l’ASN le 8 août 2018 un événement significatif pour la sûreté relatif à la perte de confinement de deux colis de matières radioactives entreposés dans les usines de conversion de l’uranium (INB n105).

Implantées sur le site du Tricastin dans la Drôme, les usines de conversion de l’uranium d’ORANO cycle ont pour activité principale la conversion chimique de l’uranium sous forme d’hexafluorure d’uranium (UF6) en vue de son enrichissement. L’INB n105, à l’arrêt depuis 2008, a notamment été utilisée pour recycler de l’uranium de retraitement ou issu de combustibles nucléaires non irradiés. Les colis concernés par l’événement sont issus de cette installation et sont entreposés dans un bâtiment dédié. Ils sont constitués d’un fût métallique, qui constitue la première barrière de confinement, lui-même disposé dans un surfût, qui constitue la deuxième barrière de confinement.

Le 23 juillet, puis le 6 août 2018, l’exploitant a constaté la perte d’étanchéité des barrières de confinement de deux colis de matières radioactives. Les appareils de surveillance de l’ambiance de l’entreposage ont mesuré des niveaux de radioactivité anormaux dans les deux cas.

Du fait des températures élevées dans l’entreposage en période estivale et de la présence d’acide fluorhydrique sous forme gazeuse dans les fûts de matières, les deux colis sont montés en pression ce qui a provoqué une perte d’étanchéité du fût et une fuite au niveau du couvercle du surfût. Dans l’attente de leur reconditionnement, les deux colis ont été disposés dans un sas rigide en dépression afin de rétablir un confinement statique et dynamique.

Les investigations conduites par l’exploitant depuis ces événements ont mis en évidence que l’un des deux surfûts n’était pas correctement fermé, ce qui a occasionné la dispersion de contamination à l’extérieur de l’entreposage, confirmée par la surveillance environnementale du site. En outre, le mauvais paramétrage des alarmes des balises de surveillance a conduit à la détection tardive des événements.

En raison de l’absence d’intervention à l’intérieur de l’entreposage au moment de ces événements, ces derniers n’ont pas eu de conséquence sur les travailleurs. Les niveaux d’activité relevés à l’extérieur de l’entreposage confirment l’absence de conséquence à l’extérieur du site.

Toutefois, en raison de la dispersion de contamination à l’extérieur de l’entreposage, considérant que le surfût du 2e colis n’était pas fermé, ce qui constitue un non-respect des règles générales d’exploitation de l’installation et au vu de la détection tardive de ces événements, l’ASN a classé cet événement au niveau 1 de l'échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires), qui en compte 8.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 22/11/2018