Non-respect des spécifications techniques d’exploitation

Publié le 13/02/2018

Centrale nucléaire de Saint-Alban / Saint-Maurice - Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 6 février 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire de Saint-Alban Saint-Maurice a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité partielle de la fonction dite de recirculation utilisée en cas d’accident grave.

Sur les réacteurs à eau sous pression, en cas d’accident conduisant à une augmentation de pression et de température dans le bâtiment réacteur, le circuit d’aspersion de secours pulvérise de l’eau à  l’intérieur de l’enceinte de confinement afin de préserver son intégrité, de rétablir des conditions ambiantes acceptables et de rabattre au sol les aérosols radioactifs. Le circuit d’aspersion de secours utilise dans un premier temps une réserve d’eau stockée dans un réservoir. Lorsque celle-ci est épuisée, l’eau pulvérisée dans le bâtiment réacteur est récupérée au fond du bâtiment, refroidie et réutilisée : c’est la phase dite de recirculation, qui peut durer plusieurs jours en fonction de la gravité de l’accident. Pour que cette phase de recirculation puisse s’établir correctement, il convient que la totalité de l’eau pulvérisée dans le bâtiment réacteur soit évacuée vers les puisards situés au fond de ce bâtiment pour être pompée et réutilisée.

Le 3 février 2018, dans le cadre des opérations de mise à l’arrêt programmé du réacteur 2, un agent de conduite intervient dans le bâtiment réacteur pour procéder aux opérations préparatoires à la mise en service d’un pont de manutention de charges lourdes.

A l’occasion de cette intervention, l’agent de conduite referme deux portes situées au fond de la piscine du bâtiment réacteur. La piscine du bâtiment réacteur est vide lorsque le réacteur est en fonctionnement, la piscine n’est remplie, lors de certaines phases d’arrêt, que pour permettre les manutentions (déchargement ou rechargement) d’éléments de combustible.

Un peu moins de trois heures après cette fermeture, les équipes d’EDF détectent l’écart et remettent ces deux portes dans leur bonne configuration.

Si un accident s’était produit pendant la période où les portes étaient fermées, une partie de l’eau pulvérisée dans le bâtiment réacteur serait restée dans la piscine du bâtiment et n’aurait pas été évacuée vers les puisards situés au fond du bâtiment réacteur : cela aurait grevé le bon fonctionnement de la fonction de recirculation.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs.

En raison du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 13/02/2018