Non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey

Publié le 01/04/2019

Centrale nucléaire du Bugey - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 19 mars 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire du Bugey a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté, relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 2 concernant la disponibilité du circuit de refroidissement.

Le circuit d’eau brute secourue (SEC) permet de refroidir un autre circuit, appelé circuit de refroidissement intermédiaire (RRI), qui assure le refroidissement d’une partie des matériels importants pour la sûreté du réacteur[1]. Il contribue également, en fonctionnement normal, au refroidissement d’un certain nombre d’autres équipements, tels que les pompes primaires ou la piscine d’entreposage du combustible. Ce circuit, constitué de deux voies redondantes comportant chacune des pompes et des échangeurs de chaleur présente la particularité d’avoir un tronçon commun.

Le 1er février 2019, EDF avait déposé une demande d’autorisation de modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey afin de rendre indisponible le circuit SEC. Cette demande d’autorisation avait pour objectif de remplacer plusieurs portions de tuyauteries sur le circuit SEC dont une partie se trouvait sur le tronçon commun. La durée de coupure du circuit SEC présentée dans le dossier de demande d’autorisation d’EDF était de 200 heures. Cette durée de coupure du circuit était assortie d’un ensemble de dispositions visant notamment à s’assurer que les matériels importants pour la sûreté du réacteur 2, ainsi privés de leur moyen habituel de refroidissement, disposaient d’un refroidissement par d’autres moyens.

Par décision n° CODEP-LYO-2019-007226 du 11 février 2019, l’ASN avait alors autorisé EDF à modifier temporairement les spécifications techniques d’exploitation du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey dans les conditions prévues par la demande d’EDF du 1er février 2019.

La mise en œuvre de la modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation a débuté le 1er mars 2019 ce qui, compte tenu de la durée de coupure demandée de 200 heures, impliquait une fin des travaux au plus tard le 9 mars. En raison des difficultés rencontrées lors du remplacement de certaines portions du circuit SEC, cette échéance n’a pas été respectée et a été dépassée de 138 heures. Pour autant, durant ce délai supplémentaire, EDF a maintenu toutes les dispositions visant à assurer le refroidissement des matériels importants pour la sûreté du réacteur 2.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes ou l’environnement. Toutefois, la durée de coupure du circuit SEC du réacteur 2 était significativement supérieure en dehors du cadre prévu par l’autorisation de l’ASN.

En raison du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, l’ASN classe cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).
  

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[1] Deux autres circuit de refroidissement sont également présents sur la centrale nucléaire du Bugey : le circuit d’alimentation en eau brute (SEB) et le circuit d’alimentation en eau brute du circuit d’aspersion de l’enceinte (EAS eau brute). Chacun de ces circuits refroidissent également, par le biais de circuits intermédiaires, des matériels importants pour la sûreté du réacteur.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 01/04/2019