Non-respect des actions prévues par les règles générales d’exploitation (RGE) en cas d’indisponibilité de l’injection de sécurité « haute pression »

Publié le 23/05/2018

Centrale nucléaire du Blayais - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 25 avril 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté portant sur le non-respect des actions prévues par les règles générales d’exploitation (RGE) en cas d’indisponibilité de l’injection de sécurité « haute pression ».

Le circuit d’injection de sécurité permet, en cas d’accident, d’introduire de l’eau borée dans le réacteur afin d’arrêter la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Il comprend trois circuits qui injectent de l’eau borée dans le circuit primaire à des pressions différentes :

  • l’injection de sécurité « haute pression » qui intervient dans tous les cas d’accident ;
  • l’injection de sécurité « moyenne pression » constituée de trois réservoirs qui intervient notamment en cas d’accident de perte de réfrigérant primaire ;
  • l’injection de sécurité « basse pression » qui intervient en cas d’accident de perte de réfrigérant primaire lorsque la pression dans le circuit primaire est inférieure à 10 bars.

Le 21 avril 2018, l’exploitant débute l’arrêt programmé du réacteur 3 afin de remplacer une partie de son combustible et réaliser des activités de maintenance. A cette occasion, un essai périodique visant à vérifier le bon fonctionnement du circuit d’injection de sécurité « haute pression » est réalisé. A l’issue de cet essai, à 17 h 10, des intervenants en charge de la conduite du réacteur mettent en œuvre la vidange d’un réservoir de ce circuit. Or, les RGE n’autorisent cette activité que dans un autre état du réacteur, qui n’est pas encore atteint.

L’anticipation de la vidange de ce réservoir conduit à rendre la fonction d’injection de sécurité « haute pression » partiellement indisponible. Dans cette situation, les RGE demandent que la pression et la température du réacteur soient abaissées sous une heure, ce qui n’a pas été respecté, l’exploitant ne s’étant pas rendu compte de son erreur.    

La disponibilité complète de l’injection de sécurité a été retrouvée le 22 avril à 01 h 41, lorsque le circuit d’injection de sécurité « haute pression » a été remis en conformité.

La fonction d’injection de sécurité n’a pas été sollicitée pendant la durée de l’événement. Par ailleurs, les circuits d’injection de sécurité « basse pression » et « moyenne pression » sont restés pleinement opérationnels.

Les raisons qui ont conduit à anticiper la vidange du réservoir sont en cours d’investigation.

Cet événement n’a pas eu de conséquences sur le personnel et sur l’environnement. Toutefois, compte tenu du non-respect des actions demandées par les RGE, il a été classé au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires INES.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 24/05/2018