Non-respect d’une règle relative à la maîtrise du risque de criticité

Publié le 04/12/2020

Usine Georges Besse II de séparation des isotopes de l'uranium par centrifugation - Transformation de substances radioactives - SET

La société Orano Cycle a déclaré le 2 décembre 2020 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif au non-respect d’une règle relative à la maîtrise du risque de criticité [1]  dans son usine d’enrichissement de l’uranium Georges Besse II.

Dans cette usine, lors de certaines opérations de maintenance, des aspirateurs dédiés sont utilisés pour récupérer de la matière uranifère dans des pots décanteurs. Ces pots décanteurs sont ensuite entreposés dans un des trois locaux d’entreposage temporaire de déchets. Ces pots décanteurs peuvent contenir de la matière enrichie, qui, en quantité suffisante, peut conduire à un risque de criticité. En application des règles générales d’exploitation, l’exploitant a défini dans une consigne des règles comportant notamment une limitation d’entreposage par local à 5 pots décanteurs et un suivi régulier de la masse de matière uranifère au moyen d’un tableau affiché sur la porte de chaque local.

Dans le cadre d’une vérification après une opération de maintenance, l’exploitant a constaté, le 30 novembre 2020, la présence de 6 pots décanteurs dans le local d’entreposage de l’unité Sud, alors que le tableau de suivi indiquait la présence de 3 pots décanteurs. L’exploitant a alors vérifié les deux autres locaux concernés par ces consignes. Dans l’unité RECII, 6 pots étaient également présents, alors que le tableau de suivi indiquait la présence de 5 pots décanteurs. Dans l’unité Nord, 2 pots décanteurs étaient présents alors que le tableau de suivi n’en mentionnait aucun.

Les masses de matières uranifères réellement présentes dans les postes de décantation étant très inférieures aux limites de sûreté, cet écart n’a entraîné aucune conséquence sur l’installation, le personnel ou l’environnement.

Compte-tenu du non-respect d’une règle relative à la maitrise de la criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des évènements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

l’Asn veillera à ce que, sur la base de l’analyse des causes de cet événement, l’exploitant renforce ses dispositions pour s’assurer du respect de ses règles de criticité dans ses entreposages.

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[1] Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaine lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Pour prévenir ce risque, les règles générales d’exploitation de l’installation prévoient, notamment, la limitation de la masse de matière présente à chaque étape de fabrication et le contrôle de la géométrie de la matière fissile.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 04/12/2020