Non-respect d’une règle de criticité lors d’un contrôle de fût de déchets avant entreposage

Publié le 13/07/2017

Usine de fabrication de combustibles nucléaires (MELOX) - Fabrication de substances radioactives - Orano Cycle

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été informée le 28 juin 2017 par AREVA NC du non-respect d’une règle de gestion du risque de criticité applicable à un poste de contrôle de fûts de déchets avant entreposage.

Durant le mois de juin 2017, alors que l’installation est en arrêt de production, l’exploitant réalise son programme annuel de maintenance. Le 17 juin, lors du nettoyage d’une boîte à gants, un opérateur utilise une manche pour conditionner la matière radioactive présente au fond de celle-ci. Après changement de poste, un autre opérateur utilise cette manche pour constituer un colis de déchets alors qu’elle n’avait pas été vidée. Le 18 juin, le colis constitué est introduit dans un fût de collecte. Une fois plein, le 25 juin, le fût est acheminé vers un poste de contrôle de la masse de plutonium présente. Les mesures réalisées mettent en évidence un dépassement significatif de la masse autorisée au poste de contrôle.

Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté, la sécurité des personnes ou l’environnement de l’installation. Dès la détection de l’événement, l’exploitant a pris des dispositions pour gérer le fût de manière sûre. A l’issue de ces différentes actions, l’exploitant a reconditionné la matière en question, dont la quantité s’élève à 3,8 kg de mélanges d’oxydes d’uranium et de plutonium, dans un pot prévu à cet effet.

En attente d’une analyse approfondie de la situation, des mesures conservatoires ont été mises en place par l’exploitant, incluant la suspension de la collecte de fûts de déchets et la restriction de l’évacuation de colis de déchets en sortie de boites à gants. Des contrôles complémentaires ont également été réalisés sur les fûts déjà collectés et les colis déjà évacués.

Le 6 juillet 2017, l’ASN a mené une inspection en vue d’examiner la chronologie des faits, les réactions des intervenants concernés aux différentes étapes, la bonne mise en œuvre des actions correctives immédiates ainsi que l’éventualité de survenue d’un accident de criticité. L’ASN relève que les dispositions prises à partir de la détection de l’événement sont satisfaisantes. Par ailleurs, après analyse de la masse de matières fissiles et de la quantité de matières modératrices[1] susceptibles d’être présentes aux différentes étapes, l’ASN considère qu’un accident de criticité était extrêmement improbable.

L’exploitant devra transmettre à l’ASN avant le 28 août 2017 un compte-rendu détaillé de cet évènement précisant notamment les mesures correctives prises afin d’éviter qu’il ne se reproduise. Au regard des éléments identifiés durant l’inspection, l’analyse de l’événement sous l’angle des facteurs sociaux, organisationnels et humains fera l’objet d’une vigilance accrue de l’ASN.

En raison du non-respect d’une règle de criticité, l’ASN classe cet évènement significatif au niveau 1 de l’échelle INES, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité.

 

[1] Un modérateur est un matériau formé de noyaux légers qui ralentissent les neutrons par diffusions élastiques. La diminution de l’énergie des neutrons favorisant les réactions de fission, la présence de modérateur est contrôlée lorsque des matières fissiles sont mises en œuvre.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 05/07/2018