Indisponibilité d’un capteur mesurant la marge à la saturation du cœur (fonction ébulliomètre)

Publié le 22/12/2016

Centrale nucléaire du Bugey - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 20 décembre 2016, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif  pour la sûreté relatif à l’indisponibilité de l’ébulliomètre du réacteur 4 de la centrale nucléaire du Bugey.

L’ébulliomètre est utilisé en situation accidentelle : il permet de mesurer le niveau d’eau dans la cuve, ainsi que l’écart entre la température de l’eau dans la cuve et la température d’ébullition à pression constante. Le résultat de ces mesures est une aide à la conduite du réacteur notamment en situation accidentelle. Les règles générales d’exploitation demandent la disponibilité des deux voies de l’ébulliomètre dès la fermeture effective de la cuve du réacteur.

Le réacteur 4 de la centrale nucléaire du Bugey est à l’arrêt pour maintenance programmée et renouvellement partiel de son combustible depuis le 27 août 2016.

Le 4 décembre 2016, EDF a entamé le rechargement du combustible : à l’issue de ces opérations, la cuve du réacteur a été refermée le 10 décembre 2016. A partir de cette date, l’ébulliomètre du réacteur doit être disponible pour surveiller et mesurer le niveau d’eau dans la cuve.

Or, le 14 décembre 2016, EDF a constaté une fuite sur un capteur de pression de l’ébulliomètre : cette fuite a remis en cause la disponibilité de l’ébulliomètre. Le 15 décembre 2016, EDF a procédé à la réparation du capteur et a constaté que le capteur a été monté sur l’ébulliomètre sans son joint.

Ce capteur avait été remplacé dans le cadre des opérations de maintenance le 19 octobre 2016 : l’ébulliomètre n’était donc plus opérationnel depuis cette date. Il était donc de fait indisponible à partir du moment où la cuve a été refermée c’est-à-dire le 10 décembre 2016.

Or, dans la configuration où la cuve du réacteur est fermée, les spécifications techniques d’exploitations imposent, en cas d’indisponibilité sur l’ébulliomètre, de le réparer sous 3 jours. Rétrospectivement, il s’avère que ce délai n’a pas été respecté puisqu’entre la fermeture de la cuve et la réparation du capteur, un délai de 5 jours s’est écoulé.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l’environnement de l’installation.

Toutefois, en raison du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, EDF a classé cet évènement au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 22/12/2016