Détection tardive de la perte de fiabilité du système de refroidissement

Publié le 17/10/2016

Centrale nucléaire de Chinon B - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 7 octobre 2016, l'exploitant de la centrale nucléaire de Chinon a déclaré à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de la perte de fiabilité du système de filtration de l’eau nécessaire au refroidissement du réacteur 1.

Le système de refroidissement des réacteurs est doté, pour chaque paire de réacteurs, de deux voies redondantes (A et B). Chacune est dimensionnée pour assurer l’ensemble de la fonction de refroidissement des deux réacteurs. Au niveau de la station de pompage, deux filtres à chaînes par voie protègent les circuits contre l’arrivée de corps étrangers charriés par l’eau de la Loire.

Le 30 septembre 2016, lors d’une opération de contrôle prévue par le programme d’essais d’EDF, la mauvaise disposition de deux capteurs de niveau d’eau est constatée. Ces capteurs servent à mesurer l’encrassement de l’un des deux filtres à chaînes de la voie A. La détection d’un encrassement élevé déclenche le lavage automatique du filtre. La perte de cette détection doit amener l’exploitant à considérer le système de filtration concerné comme indisponible. Les capteurs ont été remis en position, après détection de l’écart, dans la journée du 30 septembre.

La mauvaise disposition remonte a priori à la dernière opération de maintenance de l’installation en juillet 2015. Il s’avère qu’entre juillet 2015 et octobre 2016, le second filtre à chaînes de la voie A a également été rendu indisponible, volontairement, à plusieurs reprises, pour des opérations d’exploitation courante des installations. Pendant ces périodes, une arrivée massive de colmatants par l’eau du fleuve aurait pu conduire à la perte totale de la voie A du système de refroidissement.

Toutefois, la voie B du système de refroidissement est restée disponible pendant toute la durée de l’écart. Elle suffit à elle seule à assurer les besoins en refroidissement de l’installation en toute situation. Parallèlement, aucun encrassement n’a été détecté sur la voie A, qui a fonctionné normalement sur cette période.

Cette perte de mesure n’a donc pas eu de conséquence avérée sur le personnel ou sur l’environnement de l’installation. En raison de la détection tardive de cette indisponibilité, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES, qui en compte 7.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 17/10/2016