Détection tardive de l’indisponibilité d’une voie du circuit d’injection de sécurité haute pression du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse

Publié le 13/07/2021

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 28 juin 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif à l’indisponibilité d’une voie du circuit d’injection de sécurité haute pression du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, détectée tardivement. Cette déclaration a été complétée le 9 juillet 2021.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet en cas d’accident, par exemple une fuite importante du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Ce circuit est constitué de deux voies indépendantes l’une de l’autre.

Le 23 juin 2021, dans le cadre d’un essai périodique du système de protection du réacteur réalisé en état d’arrêt à chaud, il est mis en évidence que l’ouverture d’une des vannes du circuit RIS est incomplète et empêche la réalisation de la séquence d’injection de sécurité haute pression sur l’une des deux voies. Cette situation interrompt l’essai périodique et l’exploitant engage alors le repli du réacteur vers l’état d’arrêt à froid, conformément aux règles générales d’exploitation (RGE) de l’installation qui imposent que les deux voies du système d’injection de sécurité haute pression soient disponibles.

Le 26 juin 2021, le fonctionnement normal de la vanne est rétabli après remplacement de son servomoteur.

Les analyses réalisées par EDF révèlent que la vanne concernée avait été requalifiée le 22 mai 2021, durant l’arrêt pour rechargement du réacteur, alors que le réglage de son capteur d’ouverture n’avait pas été réalisé de manière satisfaisante. Cette situation rendait indisponible une des voies du système d’injection de sécurité ; à compter du 4 juin 2021, le réacteur étant en phase de remontée en pression pour son redémarrage, l’état des installations n’était pas conforme aux RGE qui imposent que les deux voies d’injection de sécurité haute pression soient disponibles.

Le circuit d’injection de sécurité n’a pas été sollicité pendant la durée de l’événement. De plus, en cas de brèche sur le circuit primaire, l’autre voie du circuit d’injection de sécurité aurait été disponible pour assurer le refroidissement du cœur. Cet événement n’a donc pas eu de conséquence sur les installations, le personnel ou l’environnement.

Toutefois, en raison du délai tardif de détection de l’événement par l’exploitant, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 13/07/2021