Dépassement de la charge maximale autorisée lors de l’utilisation d’un pont de manutention dans l’atelier T1

Publié le 19/01/2011

Usine de traitement d'éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3 A) - Transformation de substances radioactives - Orano Cycle

Le 12 janvier 2011, sur la chaîne A de l’atelier de cisaillage-dissolution T1 de l’usine UP3-A, deux intervenants en charge de la gestion des déchets ont déplacé à l’aide d’un pont de manutention une dalle de 3 000 kg alors que la charge maximale autorisée est limitée à 400 kg lors des phases de fonctionnement de la chaîne A.

Le procédé de traitement de la chaîne A de l’atelier T1 comporte les phases de cisaillage et de dissolution des assemblages combustibles usés, la clarification des solutions de dissolution, l’entreposage des fines de cisaillage et le conditionnement des coques et embouts.

Le 12 janvier 2011, la chaîne A de l’atelier T1 est en exploitation mais le cisaillage des assemblages combustibles est temporairement arrêté à la suite d’un dysfonctionnement technique. En début de poste du matin, deux intervenants prestataires en charge de la gestion des déchets demandent à utiliser le pont principal de manutention de la cellule de maintenance générale pour réaliser une opération classique de décontamination de déchets. Or ce pont de manutention est déjà utilisé par des opérateurs de l’atelier, l’accord d’utilisation est alors donné aux agents prestataires en demandant de veiller à la synchronisation des tâches.

Lorsque les deux intervenants prestataires en charge des déchets récupèrent l’usage du pont de manutention, ils poursuivent et terminent leur opération de décontamination. Ensuite, sans en référer au chef de quart, ils procèdent à la levée d'une dalle de 3 000 kg avec le pont de manutention afin d'évacuer le colis de déchets décontaminé vers le sas de sortie. A cet instant, le personnel en salle de conduite de l’atelier T1 constate par les moyens vidéo disponibles que la dalle n'est pas dans la position attendue. Les opérations en cours sont immédiatement arrêtées et les modalités de mise en sécurité de l'atelier sont alors définies.

Les Règles générales d’exploitation (RGE) de l'atelier limitent les charges levées par ce pont à 400 kg lorsque la chaîne A est en exploitation. Ces dispositions semblaient bien connues des intervenants mais ceux-ci auraient considéré la chaîne A en arrêt d'exploitation lors du poste du matin du 12 janvier du fait de l’absence de cisaillage et de l’arrêt de la chaîne A la veille.

La manutention d’une dalle de 3 000 kg, supérieure à la limite de sécurité de 400 kg, a ainsi engendré un risque potentiel de chute pouvant entraîner une perte de confinement ainsi que l’endommagement de tuyauteries ou d’équipements actifs.

Cet événement n’a pas eu d’impact sur le personnel, ni sur l’environnement. Toutefois, en raison du non-respect des RGE et du franchissement d’une limite prescrite de sécurité, cet événement a été classé par l’ASN au niveau 1 de l'échelle INES.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014