Absence de réalisation des contrôles prévus après un régime de fonctionnement non autorisé du circuit secondaire principal

Publié le 11/12/2017

Centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire - Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 10 novembre 2017, l’exploitant de la centrale nucléaire de Belleville a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au fonctionnement hors du domaine autorisé du circuit secondaire principal de la boucle 1 du réacteur n°1.

Le 9 octobre 2017, le réacteur n° 1 est en phase de redémarrage. Du fait de la concomitance de la mise à l’arrêt du réacteur n° 2, des modalités de conduite particulières sont mises en œuvre pour minimiser la consommation en eau des générateurs de vapeur.

Les générateurs de vapeur constituent l’un des moyens d’évacuer la chaleur de l’eau du circuit primaire, par son échange, au travers de tubes, avec l’eau du circuit secondaire. L’enveloppe des générateurs de vapeur contenant l’eau du secondaire, les canalisations qui leur sont rattachées pour l’alimentation en eau et l’évacuation de la vapeur, ainsi que leurs organes d’isolement, constituent le circuit secondaire principal. L’intégrité de ce circuit est l’une des lignes de défense participant au confinement de la radioactivité. Elle serait sollicitée en cas d’inétanchéité des tubes des générateurs de vapeur.

A la conception de l’installation, les conditions de fonctionnement des équipements constituant le circuit secondaire principal ont été analysées. Un domaine de fonctionnement au-delà duquel des vérifications des équipements sont nécessaires a en particulier été défini.

Dans la soirée du 9 octobre, lors d’une phase de réalimentation du générateur de vapeur n°1, l’équipe de conduite est alertée par des bruits en provenance des tuyauteries du circuit secondaire principal rattachées au générateur de vapeur n°1. Après un premier examen de l’événement, l’exploitant n’identifie pas la nécessité de procéder à des contrôles particuliers de l’installation. Le redémarrage du réacteur a donc été poursuivi, sans information particulière de l’ASN.

A la fin du mois d’octobre, les analyses menées a posteriori par l’exploitant ont cependant montré que les bruits perçus le 9 octobre avaient pour origine des chocs thermo-hydrauliques de type « coups de béliers » dans le circuit secondaire principal de la boucle n° 1. Elles ont également permis de détecter qu’un autre coup de bélier avait eu lieu le 10 octobre. Ces coups de béliers sont dus à des non-respects des consignes de conduite en matière d’alimentation en eau des générateurs de vapeur. Ils auraient dû donner lieu à des vérifications des équipements concernés.

Ces vérifications, dont le programme a été transmis au préalable à l’ASN, ont été effectuées a posteriori par EDF le 9 novembre. Elles n’ont pas révélé d’anomalies.

L’évènement n’a pas eu de conséquence sur le personnel et l’environnement de l’installation.

En raison du délai important qui s’est écoulé avant que l’exploitant n’identifie la nécessité de procéder à des vérifications supplémentaires et du non-respect des consignes de conduite applicables en matière d’alimentation des générateurs de vapeur, l’évènement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des évènements nucléaires INES.

Classement INES de l'incident

0 1 2 3 4 5 6 7

Date de la dernière mise à jour : 11/12/2017