Arrêt pour visite partielle du réacteur n° 2

Publié le 07/08/2012

Centrale nucléaire de Penly - Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Date de l'arrêt du réacteur : 05/04/2012

Date de redémarrage du réacteur :

Le réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Penly a été arrêté automatiquement le 5 avril 2012 à la suite de l’incident survenu à cette date[1]. Cet incident a conduit EDF à anticiper la visite partielle du réacteur, initialement prévue à partir du 2 juin 2012. La visite partielle du réacteur s’est donc déroulée du 5 avril au 3 août 2012 (date de divergence du réacteur).

A la suite des événements du 5 avril dernier, l’ASN a demandé à EDF de procéder à l’analyse technique des évènements et, en particulier, à l’expertise du groupe moto-pompe primaire (GMPP) concerné par l’incident. Ces expertises ont révélé que la pompe de lubrification d’huile du GMPP, dite « pompe de soulèvement », s’est mise en service de manière intempestive pendant plusieurs heures avant l’arrêt automatique du GMPP à 12h12. Le fonctionnement imprévu de cette pompe pendant plusieurs heures a conduit à générer une fuite au niveau de l’une des brides du circuit d’huile. L’exploitant a contrôlé, dans le cadre de l’expertise du GMPP, les quatre vis de fixation de la bride et a détecté un défaut de serrage sur l’une des vis. Ce problème de serrage de la vis, couplé au fonctionnement prolongé de la pompe de soulèvement, a entrainé la fuite d’huile. Cette huile, au contact des équipements du circuit primaire du réacteur - dont la température moyenne en fonctionnement est d’environ 300°C, a provoqué des départs de feu dans la casemate du GMPP et sur le calorifuge du circuit primaire du réacteur (au niveau de la branche dite en « U »).

Par ailleurs, EDF a réalisé, lors des opérations de démontage des joints[2] du GMPP, une première expertise de ces derniers. Il a été constaté que le joint n° 1 avait été détérioré. EDF va engager des analyses approfondies dans un atelier spécialisé pour déterminer précisément l’origine de la détérioration de ce joint.

L’exploitant a procédé au remplacement du GMPP. Ces opérations ont consisté notamment à remplacer le moteur électrique, dont le circuit de lubrification d’huile, les joints et l’hydraulique (constitué en particulier de l’arbre) du GMPP.

Concernant le circuit primaire principal (CPP) du réacteur, l’ASN a demandé à EDF de mener une expertise détaillée pour déterminer précisément l’impact des départs de feu sur ce circuit et en particulier sur la branche en « U », à la fois dans l’immédiat et à terme, sur la durée d’exploitation du réacteur.

EDF a réalisé des essais en laboratoire sur des coupons témoins (c’est-à-dire des matériaux présentant des caractéristiques identiques à celui de la branche en « U ») et a procédé à des examens métallurgiques non destructifs sur le CPP (prises de répliques et ressuage notamment). Les résultats de ces essais démontrent que les caractéristiques des matériaux restent supérieures aux valeurs minimales exigées pour la durée d’exploitation du réacteur.

Les principaux chantiers et examens réalisés à l’occasion de cet arrêt et contrôlés par l’Autorité de sûreté nucléaire ont été les suivants :

  • les opérations de remplacement des composants du groupe moto-pompe primaire (GMPP) n° 1 à la suite de l’incident du 5 avril dernier,
  • les contrôles réalisés sur le circuit primaire principal du réacteur, et notamment sur la branche en « U » située au droit du GMPP n° 1,
  • le contrôle des tubes des quatre générateurs de vapeur avec le bouchage préventif de 61 tubes présentant des signaux d’usure ou des signaux ne pouvant être interprétés,
  • les opérations de réparation de deux taraudages de la cuve du réacteur dans lesquels viennent s’insérer les goujons de fixation du couvercle de la cuve,
  • le rechargement du combustible qui, en début d’arrêt, a été entièrement retiré de la cuve pour être entreposé dans la piscine de stockage du combustible[3]. En fin d’arrêt, le combustible, renouvelé en partie, a effectué le chemin inverse.

Pendant cet arrêt, l’Autorité de sûreté nucléaire a procédé à sept inspections : quatre inspections[4] menées à la suite de l’incident du 5 avril dernier et trois inspections[5] de chantiers. Ces inspections de chantiers portaient notamment sur :

  • les opérations de maintenance des GMPP, et en particulier les interventions réalisées sur le GMPP n° 1,
  • les contrôles mis en œuvre sur la branche en « U »,
  • les travaux de maintenance réalisés en station de pompage,
  • le déroulement de plusieurs chantiers de robinetterie et de chaudronnerie et les conditions associées d’intervention, de sécurité et de radioprotection,
  • l’état général du bâtiment réacteur et du bâtiment des auxiliaires nucléaires.

Globalement, l'ASN considère que cet arrêt s'est correctement déroulé, sauf en ce qui concerne l’organisation mise en œuvre par l’exploitant pour la surveillance des prestataires. Sur ce point, l’ASN a mené une inspection spécifique le 14 juin 2012 dont les conclusions sont reprises dans la lettre de suite référencée CODEP-CAE-2012-038571, publiée sur le site Internet de l’ASN.

Après examen des résultats de contrôles et des travaux effectués durant l’arrêt, l’Autorité de sûreté nucléaire a donné le 31 juillet 2012 son accord au redémarrage du réacteur n° 2 de la centrale de Penly.

[1] Cet incident a fait l’objet d’une déclaration d’événement significatif intéressant la sûreté classé au niveau 1 de l’échelle INES. L’avis d’incident est publié sur le site Internet de l’ASN (www.asn.fr), ainsi que plusieurs communiqués de presse et notes d’information.

[2] L’étanchéité entre, d’une part, la roue et l’arbre de la pompe et, d’autre part, le moteur électrique est assurée par un système de trois joints successifs (joints n° 1, n° 2 et n° 3).

[3] La piscine de stockage du combustible a deux fonctions. D’une part, elle reçoit l’ensemble des assemblages du cœur du réacteur pendant les arrêts pour rechargement, d’autre part, elle sert au stockage des assemblages usés dans l’attente de leur envoi vers une usine de retraitement.

[4] Ces quatre inspections ont fait l’objet des lettres de suite référencées CODEP-CAE-2012-019585, CODEP-CAE-2012-022801, CODEP-CAE-2012-024842 et CODEP-CAE-2012-030404 publiées sur le site Internet de l’ASN.

[5] Ces trois inspections de chantiers ont fait l’objet de la lettre de suite référencée CODEP-CAE-2012-038451 publiée sur le site Internet de l’ASN.

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014