Arrêt pour visite décennale du réacteur n°1

Publié le 21/07/2008

Centrale nucléaire de Flamanville - Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Date de l'arrêt du réacteur : 23/02/2008

Date de redémarrage du réacteur : 11/07/2008

Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Flamanville a été arrêté pour visite décennale du 23 février au 11 juillet 2008.

Les principaux chantiers réalisés à l'occasion de cet arrêt et contrôlés par l'Autorité de sûreté nucléaire ont été les suivants :

  • épreuve hydraulique décennale après vingt ans de fonctionnement du circuit primaire principal (2ème barrière de confinement), précédée d'un programme de contrôles et/ou de remplacement d'organes de robinetterie et de tuyauteries. Cette épreuve constitue un test global de résistance, en soumettant ce circuit à une pression supérieure de 20% à sa pression de calcul soit 206 bars relatifs ;
  • test d'étanchéité décennal après 20 ans de fonctionnement de l'enceinte du bâtiment réacteur (3ème barrière de confinement), précédée d'un chantier de pose d'un revêtement composite sur une partie de l'enceinte. L'intérieur de l'enceinte est soumis à une pression supérieure à la pression prévue en cas d'accident. C'est un test global de résistance ;
  • contrôle décennal de la cuve du réacteur, à l'aide d'une machine spécifique qui effectue des contrôles radiographiques et par ultrasons des différentes soudures ;
  • contrôle des tubes des quatre générateurs de vapeur et bouchage préventif de 91 tubes présentant des signaux d'usure sur deux générateurs. Chaque générateur de vapeur contient plusieurs milliers de tubes qui permettent les échanges de chaleur entre l'eau du circuit primaire et l'eau des circuits secondaires pour la production de la vapeur alimentant la turbine ;
  • remplacement de l'échangeur de chaleur dit « régénérateur », permettant de réchauffer l'eau injectée dans le circuit primaire principal par celle qui en est extraite. Cet échangeur présentait des fuites et son remplacement avait été programmé par EDF lors de la visite décennale ;
  • remplacement de vingt cannes chauffantes du pressuriseur. Ces résistances électriques permettent de réguler la pression du circuit primaire. 


Deux événements significatifs pour la sûreté classés au niveau 1 de l'échelle INES ont été déclarés. Le premier incident concerne une erreur de lignage qui a conduit à rendre indisponible un générateur de vapeur qui était requis au titre des règles générales d'exploitation (lire l'avis d'incident ESS n°22). Le deuxième incident concerne le dépassement d'un délai de réparation prescrit par les règles générales d'exploitation (lire l'avis d'incident ESS n°30). Le réacteur a été remis en conformité par rapport aux règles générales d'exploitation au cours de l'arrêt.

Pendant cet arrêt, l'Autorité de sûreté nucléaire a procédé à 7 inspections dont 5 inopinées. Ces inspections portaient notamment sur :

  • le respect des dispositions de radioprotection et de sécurité sur divers chantiers situés dans le bâtiment réacteur (décontamination du pressuriseur, remplacement des cannes chauffantes du pressuriseur, remplacement de l'échangeur régénérateur, remplacement des broches des tubes guides des commandes de grappe);
  • la préparation de l'épreuve hydraulique du circuit primaire principal ;
  • le chantier de pose de revêtement composite sur une partie de l'enceinte du bâtiment réacteur (BR) et ses interfaces avec les autres chantiers
  • la gestion des déchets contaminés,
  • le remplacement de l'axe du tambour filtrant de la station de pompage,
  • le remplacement des tuyauteries et/ou des batteries des aéroréfrigérants des diesels.

Consulter les lettres de suite d'inspection du 20 mars 2008 et du 25 et 26 mars 2008


L'ASN estime que cet arrêt s'est déroulé correctement pour les opérations de requalification du circuit primaire principal et de l'enceinte du bâtiment réacteur. Cependant, des écarts ont été constatés au niveau de la préparation de certains chantiers, notamment en ce qui concerne l'établissement de la dosimétrie prévisionnelle, la prise en compte des conditions réelles d'intervention et la gestion de la propreté radiologique. Divers aléas se sont également produits lors des opérations de redémarrage, liés principalement à des erreurs lors des interventions de maintenance. Ces écarts et aléas ont conduit à la prolongation de l'arrêt.

Après examen des résultats de contrôles et des travaux effectués durant l'arrêt, l'Autorité de sûreté nucléaire a donné le 10 juillet 2008 son accord au redémarrage du réacteur n°1 de la centrale de Flamanville.

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014