Arrêt pour maintenance et rechargement en combustible du réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche)

Publié le 18/10/2011

Centrale nucléaire de Flamanville - Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Date de l'arrêt du réacteur : 13/08/2011

Date de redémarrage du réacteur : 28/09/2011

Le réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Flamanville a été arrêté, pour maintenance et rechargement en combustible, du 13 août au 28 septembre 2011.

Les principaux chantiers réalisés à l’occasion de cet arrêt et contrôlés par l’Autorité de sûreté nucléaire ont été les suivants :

  • Le rechargement du combustible qui, en début d’arrêt, a été entièrement retiré de la cuve pour être entreposé dans la piscine de stockage du combustible. En fin d’arrêt, le combustible, renouvelé en partie, a effectué le chemin inverse ;
  • Les « lançages renforcés » des 4 générateurs de vapeur. Ces opérations consistent à nettoyer les plaques tubulaires des générateurs de vapeur par des jets de vapeur haute pression pour éliminer les éventuelles zones d’accumulation de dépôts ;
  • Le contrôle de la conformité du montage de certaines vis sur dix robinets du circuit d’injection de sécurité afin de garantir leur aptitude à remplir leur fonction en cas de séisme ;
  • Le contrôle des charpentes métalliques du bâtiment réacteur et de l’espace entre-enceinte.

Pendant cet arrêt, l’Autorité de sûreté nucléaire a procédé à trois inspections inopinées dont une au titre de l’inspection du travail. Ces inspections portaient notamment sur :

Les conditions d’intervention et le déroulement de certains chantiers situés dans le bâtiment réacteur (BR), dans le bâtiment des auxiliaires nucléaires (BAN), dans le bâtiment combustible (BK) et dans la salle des machines ;

  • Le respect des dispositions de radioprotection et de sécurité sur différents chantiers ;
  • L’état général des installations.

Cinq événements significatifs pour la sûreté de niveau 0 ont été déclarés au cours de l’arrêt. Ils concernent des écarts de lignage, de délais de réparation, de consignation et d’indisponibilité de différents matériels des installations et un repli du réacteur alors en phase de redémarrage. Un événement significatif pour la radioprotection de niveau 0 a également été déclaré à la suite d’une modification non autorisée du balisage d'une zone orange dans un local du bâtiment réacteur.

L'ASN estime que cet arrêt s'est correctement déroulé pour la plupart des opérations de maintenance et d’interventions prévues et notamment pour les chantiers inspectés. Cependant, l’ASN considère que l’exploitant a manqué de réactivité et d’anticipation sur deux dossiers majeurs qui ont été traités en fin d’arrêt :

  • des travaux programmés de remise en conformité d’un tronçon d’une tuyauterie du système d’eau brute secouru (SEC) : l’ASN a demandé que soient menés avant les travaux de réparation, des investigations approfondies pour s’assurer de l’étanchéité du circuit et confirmer la tenue structurelle de la tuyauterie notamment en cas de séisme ;
  • le traitement de plusieurs défauts de génie civil situés dans le bâtiment réacteur et notamment certains défauts particuliers situés dans l’espace entre enceinte : l’ASN a demandé au site de définir sous deux mois, une stratégie de traitement de chacun des défauts identifiés.

Enfin, l’ASN a demandé au site la mise en place d’un plan d’actions à la suite de la rupture d’un crayon d’une grappe source[1] survenu dans la piscine combustible.

Après examen des résultats de contrôles, des travaux effectués durant l’arrêt, des justifications complémentaires fournies sur plusieurs dossiers et du traitement des aléas survenus lors de la remise en service du réacteur, l’Autorité de sûreté nucléaire a donné le 23 septembre 2011 son accord au redémarrage du réacteur n° 2 de la centrale de Flamanville qui a été couplé au réseau le 28 septembre 2011 et qui a atteint sa pleine puissance le 02 octobre 2011.

1. Une grappe source est constituée d’une vingtaine de tubes cylindiques métalliques de 4,4 m de longueur (appelés crayons) dont certains contiennent des pastilles d’isotopes radioactifs d’antimoine et de béryllium. Les grappes source sont insérées dans les assemblages combustible constituant le coeur du réacteur.

Date de la dernière mise à jour : 17/01/2014