Zoom sur les stratégies d'EDF, du CEA et de AREVA


Mis à jour le 10 Février 2012
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EDF : d'un démantèlement différé à un démantèlement complet et immédiat sur 25 ans


La stratégie initiale d'EDF pour le démantèlement des réacteurs nucléaires de première génération, mise en oeuvre depuis les années 1980, consistait à réaliser le démantèlement des installations (hors bâtiment du réacteur) rapidement après l'arrêt de la centrale (en pratique, dans un délai de 5 à 10 ans) et à différer le démantèlement du bâtiment du réacteur conduisant à la libération totale et inconditionnelle du site pendant une durée de 25 à 50 ans après l'arrêt de la centrale.

Ainsi, le démantèlement complet des installations était alors envisagé par EDF après plusieurs dizaines d'années de confinement afin de pouvoir bénéficier de la décroissance naturelle de la radioactivité.

L'ASN avait émis des doutes notamment quant à la capacité d'EDF a démontrer la tenue des installations et plus particulièrement les structures de génie civil, pendant cette durée.

En avril 2001, EDF a informé l'ASN d'une profonde modification de sa stratégie quant au démantèlement des réacteurs de première génération en retenant désormais un programme de démantèlement complet et immédiat sur 25 ans, sans période d'attente (à l'horizon 2025).

EDF a programmé en priorité le démantèlement, dans un premier temps, des silos de Saint-Laurent-des-Eaux, de l'installation EL4-D sur le site des Monts d'Arrée, de Superphénix, de Chooz A et de Bugey 1, et, dans un second temps, le démantèlement des 5 réacteurs de la filière UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz) de Chinon A et Saint-Laurent-des-Eaux A.

La stratégie du CEA : mise en place d'un fonds dédié au financement du démantèlement


Depuis 1997, les choses ont également évolué concernant le démantèlement des installations du CEA, qui a vu la création d'un fonds dédié au financement du démantèlement de ses installations lors de la création du groupe AREVA. Ce fonds permet au CEA d'engager les programmes de démantèlement des installations à l'arrêt.

A la demande de l'ASN, le CEA a transmis en 2004 un plan de démantèlement à 10 ans de ses installations. Ce plan concerne des installations de nature variée (laboratoires, usines pilotes, réacteurs expérimentaux, installations de traitement d'effluents et déchets) réparties sur l'ensemble des sites. Ce dossier a été soumis au groupe permanent d'experts compétent en décembre 2006.[encadre]Point de vue de l'ASN sur la stratégie du CEA

L'ASN a considéré que la stratégie retenue par le CEA, soutenue par la mise en place d'un fonds dédié est globalement satisfaisante du point de vue de la sûreté. Par ailleurs, les échéanciers d'assainissement et de démantèlement des installations concernées présentés par le CEA sont cohérents avec la stratégie retenue. Ils devraient permettre de conserver un niveau de sûreté acceptable pour ces installations jusqu'à leur déclassement.

La stratégie du groupe AREVA


La stratégie du groupe AREVA, qui a notamment débuté le démantèlement de la première usine de retraitement du site de la Hague (UP2-400), sera examinée par l'ASN en 2008.