Les éléments du réacteur
La sûreté des centrales nucléaires
Combustible, circuits, cuve… Certains éléments d’un réacteur font l’objet d’une surveillance poussée de la part d’EDF et d’une attention toute particulière de la part de l’ASN. Certains d’entre eux subissent des phénomènes de vieillissement et font l’objet d’une surveillance particulière.
Le combustible
L’exploitant, EDF, cherche à optimiser la disponibilité et les performances des réacteurs en exploitation. Pour cela, il s’efforce notamment d’améliorer les combustibles nucléaires et leur gestion. L’ASN veille à ce que ce type d’évolution s’accompagne d’une démonstration de la sûreté des réacteurs. Après une longue étude, l’ASN a par exemple autorisé en 2007 la nouvelle gestion (allongement du cycle de fonctionnement) des réacteurs du palier N4, de Chooz, dans les Ardennes, et Civaux, dans la Vienne. Celle-ci prévoit de modifier la composition du combustible nucléaire pour allonger sa durée moyenne d’utilisation, qui passe de 12 à 17 mois.
Les circuits
Les circuits primaire et secondaires des réacteurs, qui transportent l’eau chaude sous pression permettant de refroidir le cœur du réacteur et de produire de l’électricité, font l’objet d’un contrôle approfondi de la part de l’ASN. Eléments fondamentaux d’un réacteur, ils contribuent à toutes les fonctions fondamentales de sûreté : le confinement, l’évacuation de la chaleur et de la puissance résiduelle, la maîtrise de la réactivité. Leur état est satisfaisant, mais les phénomènes de vieillissement qui peuvent les affecter doivent être pris en compte. L’un des alliages qui compose certains de ces circuits, l’Inconel 600 (alliage à base de nickel et de chrome d’une bonne résistance à l’oxydation et à la corrosion à des températures élevées), présente des signes de corrosion là où la pression des circuits est importante. Dès 1980, des fissures sont apparues sur certains de ces éléments. Outre une surveillance accrue, l’ASN a demandé à EDF d’adapter sa stratégie globale de maintenance des zones en Iconel 600.
La cuve
La cuve, qui contient le cœur radioactif du réacteur, est un élément essentiel. Aussi haut qu’un immeuble de quatre étages, ce cylindre de métal supporte des conditions extrêmes : pression interne équivalente à celle que l’on rencontre à 1500 mètres sous la mer, bombardement incessant de neutrons issus de la réaction de fission des atomes d’uranium ou de plutonium du cœur, le tout à une température de plus de 300°C. Soumises à un régime aussi sévère – en particulier au bombardement neutronique -, les cuves se dégrade lentement. La rupture d’une cuve est un événement d’une telle gravité qu’il ne peut être envisagé. Pour s’en prémunir, des contrôles de leur vieillissement sont régulièrement réalisées, notamment par ultrasons. À l’approche des troisièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe (premiers réacteurs mis en service encore en activité), l’ASN prendra position sur la base des dossiers transmis par EDF sur les conditions d’exploitation des cuves de ces réacteurs affectées par certains défauts de structure.
Les générateurs de vapeur sont des échangeurs de chaleur entre l’eau du circuit primaire et l’eau du circuit secondaire. L’intégrité de ces éléments constitue un enjeu important de sûreté. Leur dégradation peut avoir pour conséquence une fuite radioactive du circuit primaire vers le secondaire, aussi font-ils l’objet d’un programme de surveillance spécifique. EDF a proposé de remplacer de manière anticipée les générateurs de vapeur en Inconel 600 sur les réacteurs concernés. Une fuite importante – 500 litres par heure – s’étant produite en 2006 sur l’un de ces équipements à Cruas-Meysse, en Ardèche, l’exploitant a également mis en place de nouvelles procédures à appliquer en cas d’incident de ce type.
Les enceintes de confinement
Lors des visites décennales, les enceintes de confinement des réacteurs de 1300 et 1450 MWe, comme celles de Paluel, en Seine-Maritime, ou de Chooz, dans les Ardennes, ont présenté un débit de fuite de l’enceinte – paramètre permettant de surveiller son étanchéité – plus élevé que ce qui était attendu. Or, ces parois en béton, de plus d’un mètre d’épaisseur, et qui entourent le bâtiment réacteur où se trouve la cuve des réacteurs, ont pour fonction de confiner les matières radioactives dans le bâtiment réacteur en cas d’accident. EDF a réagi en lançant un programme de réparation préventive approuvé par l’ASN visant à colmater les zones les plus touchées.
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