Les réacteurs du futur
La sûreté des centrales nucléaires
Pour l’ASN, la sûreté des centrales nucléaires françaises est satisfaisante. Mais la prochaine génération de réacteurs électronucléaires doit atteindre un niveau de sûreté encore supérieur.
L’EPR (Evolutionnary Pressurized water Reactor) est un nouveau type de réacteur nucléaire, dont un modèle est en cours de construction à Flamanville, dans la Manche. Si sa technologie diffère peu de celle des réacteurs les plus récents, il bénéficie néanmoins de plusieurs améliorations notables.
Un réacteur conçu pour être plus sûr
Par exemple, il comprend quatre systèmes destinés à assurer le refroidissement du réacteur en cas d’accident. Ces quatre systèmes sont indépendants, séparés géographiquement et protégés individuellement, chacun étant capable d’assurer seul l’intégralité de la fonction de sûreté. Un dispositif inédit, baptisé « récupérateur de corium », a été conçu pour recueillir le cœur radioactif au cas où celui-ci viendrait à fondre – accident le plus grave qu’une centrale nucléaire puisse connaître. Et l’enceinte en béton qui contient le réacteur a été renforcée par une coque en béton de manière à le protéger plus efficacement contre les agressions externes, une chute d’avion, par exemple.
Avec l’EPR, le nombre d’évènements significatifs annuels doit diminuer, notamment par l’amélioration de la fiabilité des systèmes et par une meilleure prise en compte des aspects liés aux facteurs humains. Ses concepteurs ont fait en sorte que le risque de fusion du cœur soit réduit par rapport aux réacteurs précédents, de même que la quantité de rejets radioactifs en cas d’accident.
Avec l’EPR, la radioprotection des personnels d’exploitation et de maintenance est également renforcée. L’objectif est que la dose collective reste voisine de 0,4 homme x Sievert par réacteur et par an. Cette valeur est largement inférieure à la dose moyenne actuelle de 1 homme x Sievert observée dans les centrales nucléaires du parc nucléaire français. Ce niveau de dose collective de 1 homme x Sievert correspond, pour les travailleurs, à des doses individuelles en moyenne de l’ordre de 5 milliSievert par an.
Et après ? Les ingénieurs du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), entre autres, mettent actuellement au point les technologies qui permettront de passer à une nouvelle génération de réacteurs, la Génération IV, reposant sur des principes innovants. Mais l’ASN considère qu’il est aujourd’hui prématuré de chercher à définir les objectifs de sûreté qu’ils devront atteindre. Leur mise en œuvre n’est en effet pas prévue avant 2030 - au plus tôt.
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