Utilisations médicales
Présentation du secteur d'activité
Depuis plus d’un siècle, la médecine fait appel, tant pour le diagnostic que pour la thérapie, à diverses sources de rayonnements ionisants qui sont produits soit par des générateurs électriques, soit par des radionucléides. Les installations dans ce domaine sont nombreuses et diversifiées puisque l’on dénombre en France environ 50 000 installations de radiodiagnostic médical et dentaire, environ 300 unités de médecine nucléaire et près de 400 appareils de radiothérapie. Au total, ces installations génèrent près de 70 millions d’actes radiologiques par an.
Les principales techniques médicales utilisant des rayonnements ionisants sont la radiologie, la radiothérapie et la médecine nucléaire :
- La radiologie, et plus particulièrement le radiodiagnostic, regroupe toutes les techniques d’exploration morphologique du corps humain utilisant les rayons X produits par des générateurs électriques. Occupant une place prépondérante dans le domaine de l’imagerie médicale, il comprend diverses spécialités (radiologie médicale, radiologie dentaire…) et une grande variété d’examens (radiographie du thorax, de l’abdomen…).
- La radiothérapie est, avec la chirurgie et la chimiothérapie, l’une des techniques majeures employées pour le traitement des tumeurs cancéreuses. 200 000 patients sont traités chaque année en France. La radiothérapie met en œuvre les rayonnements ionisants pour la destruction des cellules malignes. Les rayonnements ionisants nécessaires pour la réalisation des traitements sont, soit produits par un générateur électrique, soit émis par des radionucléides sous forme scellée.
- La médecine nucléaire regroupe toutes les utilisations de radionucléides sous forme de sources non scellées à des fins de diagnostic ou de thérapie. Les utilisations diagnostiques se décomposent en techniques in vivo, fondées sur l’administration de radionucléides au patient, et en applications exclusivement in vitro. Elles permettent par exemple d'étudier la morphologie des organes (recherche de métastases cérébrales ou osseuses) ainsi que leur fonction (métabolisme d'une glande, étude de la fonction myocardique...).
Les enjeux de sûreté
Après les expositions aux rayonnements naturels, les expositions d’origine médicale constituent la deuxième source d’exposition pour la population et la première source d’origine artificielle.
Pour les travailleurs et le public, les risques liés à l’utilisation de ces sources sont de nature et d’importance variables selon qu’il s’agit de sources radioactives scellées ou non scellées, ou des appareils électriques générateurs de rayons X utilisés pour le diagnostic médical ou dentaire, ou encore d’accélérateurs de particules pour la radiothérapie externe. Ces sources doivent être utilisées dans le respect des règles de sécurité fixées par le code du travail pour assurer la protection des travailleurs et des règles fixées dans le code de la santé publique afin d’assurer la protection du public et des patients.
Le rôle de l’ASN
Dans le domaine des applications médicales, l'ASN procède ou fait procéder par des organismes agréés à des contrôles de radioprotection des installations de radiologie, radiothérapie, curiethérapie, médecine nucléaire et d'irradiateurs de produits sanguins. Ces contrôles ont pour but d'évaluer régulièrement la sécurité radiologique de ces installations afin d'en vérifier le niveau, au regard de la réglementation en vigueur, et si besoin de le renforcer.
Les contrôles réalisés directement par l'ASN dans les installations de radiothérapie, de curiethérapie et de médecine nucléaire s'inscrivent dans le cadre des procédures de délivrance (contrôles avant mise en service) ou de renouvellement (contrôles périodiques) des autorisations de détention et d'utilisation des sources de rayonnements.
